le TOUR du monde des RITZ

On en rêve Angkor et toujours…

by Cathy & Jérôme on fév.26, 2010, under 10.CAMBODGE, CARNET DE ROUTE

Nous arrivons à dans la capitale cambodgienne un samedi férié et nous sommes surpris du calme (tout relatif) qui y règne. Très peu de circulation, pas de klaxons ou si peu, quel bonheur !

Si les habitants de Phnom Penh ont déserté la ville, il n’en est rien des touristes et parvenons malgré tout à trouver un hôtel, un peu au dessus du budget, mais très confortable et bien placé puisqu’il est situé sur la place du Musée National et à deux pas du palais royal.

Un peu éreintés par la chaleur ambiante, nous allons visiter la jolie ville de Phnom Penh : le Musée National des Beaux Arts, et son superbe bâtiment rouge où sont entreposés des chefs d’œuvre de l’art Khmer, la plupart en provenance des Temples d’Angkor ; le Palais Royal et des pavillons aux toits vernissés, la Pagode d’Argent, luxueuse pagode qui fut largement pillée par les Khmers Rouges mais ne fut pas détruite.

Le musée national
Le musée national
Une exhumation des temples dAngkor
Une exhumation des temples d’Angkor
Visite du palais royal
Visite du palais royal
Encore le palais royal
Encore le palais royal
Toujours le palais royal
Toujours le palais royal

La ville de Phnom Penh est encore beaucoup marquée de la présence française, comme en témoignent les nombreux vestiges coloniaux, telle la Grande Poste ou l’hôtel Manolis, en général de beaux bâtiments sobres tous teintés dans la même teinte de jaune doux. Sans être chauvins, s’il y a bien un côté positif au colonialisme français en Indochine, c’est l’empreinte qu’il a laissé à l’architecture de la ville, ce qui lui donne beaucoup de charme.

Le batiment de lindépendance
Le monument de l’indépendance
Le monument de lamitié Vietnamo-Cambodgienne
Le monument de l’amitié Vietnamo-Cambodgienne

Notre présence à Phnom Penh sera fortement marquée par la visite du Musée du Crime Génocidaire, le fameux S-21, où se déroulèrent des évènements tragiques de l’histoire du Cambodge, puisque c’est dans cette ancienne école reconvertie en prison que les Khmers Rouges (sous la direction de Pol Pot) commirent les plus atroces tortures sur environ 15.000 personnes avant que celles-ci ne soient exterminées au camp de Choeung Ek. En parcourant les anciennes salles de cours, converties en salles d’interrogations, en salles de tortures, ou cellules, en lisant les témoignages de victimes du régime de Pol Pot ou même des bourreaux (parfois des adolescents) nous ressentons toute l’horreur qui s’est déroulée dans ces lieux, et nous sommes tous les deux pris de frissons, avons des difficultés à respirer et restons muets. Nous essayons de comprendre comment il y a seulement une trentaine d’années un lieu de vie comme une école a pu devenir un lieu de mort, où des gens torturaient des concitoyens pour des raisons plus qu’obscures. Une visite très marquante qui nous fait fortement penser à la visite d’un camp de concentration nazi, mais nécessaire afin de ne pas oublier.

S21, une ancienne école transformé en prison et lieu de torture
S21, une ancienne école transformé en prison et lieu de torture
Les khmers prenaient pour habitude darchiver les photos de leurs victimes
Les khmers rouges prenaient pour habitude d’archiver les photos de leurs victimes
Le règlement des agents de sécurité... cela fait froid dans le dos
Le règlement des « agents de sécurité »… cela fait froid dans le dos

Nous nous échappons également de la ville en scooter en compagnie de René un français installé à Phnom Penh qui nous guide dans la campagne et les villages environnants, très sympa. Nous allons même jusqu’à crever une roue sur une piste de terre, et la réparation nous coûtera la fortune de 50 cts d’euros ! Nous visitons même un petit orphelinat, dommage les enfants sont en classe.

Phnom Penh compte d’ailleurs un certains nombres d’orphelinats et ONG, et nous allons d’ailleurs en faire fonctionner une particulièrement (l’association Friends/Mit Samlanh qui vient en aide aux enfants de la rue) en allant manger aux deux restaurants, en achetant quelques petits bijoux à la boutique d’artisanat et en allant faire une manucure/pédicure pour Cathy (bon ne croyez pas que c’était le grand luxe, loin de là, et l’élève avait encore besoin d’un peu de perfectionnement à l’enlèvement des cuticules sans douleur !). Les deux restaurants s’avérèrent en fait excellents, et font partie des endroits où nous avons le mieux mangé depuis le début de notre voyage. Voilà tout le monde est content, nous nous délectons des mets succulents tout en faisant une bonne action !

Lune de nos adresses préférées à Phnom Penh : The Shop Café & Bakery

L'une de nos adresses préférées à Phnom Penh : The Shop Café & Bakery

Cathy en mode pédicure/manucure chez Friends

Cathy en mode pédicure/manucure chez Friends

Nous restons à Phnom Penh deux jours de plus que prévu le temps d’obtenir notre visa pour la Thaïlande. En effet après avoir rencontré deux français dans notre boulangerie de prédilection où nous prenons nos petits-déjeuners, nous apprenons que depuis janvier 2009 les autorisations de séjours en Thaïlande aux frontières terrestres ne sont plus que de 15 jours contre 30 jours à l’aéroport. Nous devons rester en Thaïlande 3 semaines et afin d’éviter de devoir sortir du territoire pour y re-rentrer immédiatement (aux frontières malaises, cambodgiennes…), nous décidons de nous rendre à l’ambassade de Thaïlande afin de bénéficier du visa touristique (gratuit jusqu’au 4 mars), en espérant l’obtenir immédiatement. Mauvaise nouvelle, les délais annoncés sont de 4 jours, et nous n’avons pas l’intention de rester éternellement à Phnom Penh ! Dans la queue, nous assistons à des demandes d’autres touristes pour l’accourcissement du délai… elles sont toutes rejetées. Notre tour arrive, c’est donc avec très peu d’espoir que Cathy tente également sa chance au fonctionnaire qui lui annonce un délai de 3 jours (on a déjà gagné un jour, c’est déjà ça !). Un regard bien franc, de la politesse et un peu de manières dont seules les filles ont le secret, le charme semble opérer, et écrit sur le papier qu’il lui rend que les visas seront prêts dès le lendemain ! Effectivement, nous récupérons nos passeports 24 heures après la demande, ce qui nous permet de prendre un bus de nuit pour Siem Reap.

Le trajet avait bien commencé, le bus nous avait bien fait rire lorsque nous montons à bord après avoir assisté au chargement d’une moto dans le bus touristique ! Le bus est bien kitsch avec ses néons de couleurs, ses vidéos de karaoké… on trouve cela bien marrant et dépaysant. Cela se corse en revanche lorsque notre chauffeur pile en pleine route derrière un autre bus qui vient de nous doubler et qui vient aussi de piler. Nous assistons à une bonne dispute entre les deux chauffeurs qui se hurlent dessus, tous les deux hors d’eux-même. Finalement tout le monde repart. Soudainement quelques minutes plus tard, notre chauffeur commence à accélérer, et nous voilà à au moins 120 km/heure sur une route limitée à 80 km/heure, de nuit. Personne de dit rien jusqu’à ce que Cathy commence alors à crier au chauffeur de ralentir, sans aucun effet. Les gens commencent alors à crier, touristes comme cambodgiens, demandent à descendre du bus, un anglais va même jusqu’à aller menacer notre chauffeur fou de lui casser la figure s’il ne s’arrête pas. Notre chauffeur n’écoute personne, même pas sa compagnie qui l’appelle sur son portable après qu’un des passagers cambodgiens l’ait alertée, et continue sa course folle. Le stress monte d’un cran lorsque nous faisons une sortie de route en doublant un camion et nous avons l’impression que le bus va se renverser. Cathy est paniquée, en pleurs, Jérôme avouera ensuite que c’est sa vraie première frayeur depuis le début. Le stress est à son comble lorsque finalement après une vingtaine de minutes il parvient à doubler l’autre bus qui est à la source de son énervement, et qui n’est pas non plus décidé à se faire doubler. Une fois devant l’autre bus, notre chauffeur pile en plein milieu de la route, et se refait doubler. Heureusement c’est là que la course s’achève, le chauffeur va ensuite reprendre une allure relativement normale. Tout ça à cause d’un orgueil mal placé, notre chauffeur a failli tuer une trentaine de passagers, enfants et adultes, et nous sommes heureux d’arriver sains et saufs à Siem Reap à 01h30 du matin. Cathy avait bien évidemment prévu de lui faire part du fond de sa pensée en arrivant (en ne tenant pas compte des conseils qui disent qu’il faut éviter d’élever la voix avec les Cambodgiens), opportunité gâchée lorsque nous nous rendons compte que l’hôtel que nous avions réservé n’est pas venu nous chercher comme prévu, et ne nous a d’ailleurs pas gardé notre chambre ! Nous voilà donc en Tuk Tuk en pleine nuit à frapper aux portes des hôtels, tous complets. Le cauchemar n’est pas terminé ! Heureusement note chauffeur de Tuk Tuk nous en trouve un, nous avons enfin un toit pour la nuit, pour se reposer et se remettre de nos frayeurs du trajet.

Après avoir trouvé un autre hôtel le lendemain matin, tout neuf, moins cher et plus sympathique, nous partons enfin à la découverte du but de notre venue à Siem Reap, à savoir les fameux Temples d’Angkor, vestiges de la capitale de l’empire Khmer qui a prospéré du IXè au XVè siècle. A son apogée, il domina une large frange de l’Asie du Sud-Est, de la Birmanie, à l’ouest, au VietNam, à l’est. Sa capitale, Angkor, comptait pas moins de 750 000 habitants et couvrait une superficie d’environ 1 000 km². A la fin du XVIe siècle, lorsque des missionnaires portugais découvrirent les tours en forme de lotus d’Angkor Wat – le temple le plus sophistiqué de la cité et le plus vaste monument religieux du monde, la capitale de l’empire agonisait déjà. Aujourd’hui il ne reste que des ruines, plus ou moins en bon état (de nombreux temples ont fait l’objet ou sont en cours de rénovation), situées dans la forêt. Le domaine d’Angkor ne compte pas moins de 287 temples ! Nous nous contenterons des principaux pendant les trois jours que nous allons passer dans les temples. Nous sommes ébahis lorsque nous apercevons enfin les pierres d’Angkor Wat, le plus connu des temples d’Angkor. Notre première journée sera consacrée aux temples de Preah Khan, Ta Som, Mebon Oriental, Prasat Kravan, Ta Promh et Banteay Kdei. Ces deux derniers temples, romantiques et magiques ont été laissés livrés à la jungle, et l’entrelac des racines et des murs, l’alternance des arbres et des pierres nous font presque sentir comme les découvreurs de ces temples. Si chaque temple est différent de part sa taille, son architecture (nous n’allons d’ailleurs pas partir dans la description et l’histoire de chaque temple, sous peine de vous perdre, d’ailleurs il est impossible de décrire la beauté qui se dégage des temples), partout nous sommes frappés par la richesse des sculptures et gravures sur les bas reliefs, gopuras, murs, tous ornées d’apsaras (danseuses célestes), divinités sacrées (Bouddha, Vishnou…) et scènes de la croyance bouddhique, d’une grande finesse.

C'est parti pour trois jours de découverte des temples d'Angkor !

Le deuxième jour, c’est à vélo que nous partons au petit matin (pour éviter les trop grosses chaleurs) à la découverte de Angkor Wat, le plus mythique et le plus grand des temples (mais pas notre préféré, même s’il est très beau et majestueux), Angkor Thom : le Baphuon, la Terrasse des Eléphants, la Terrasses des Lépreux, le Bayon (où nous assistons à un magnifique coucher de soleil qui colore en rouge les tours à 4 visages). Les balades à vélo entre les temples sont très agréables, la forêt environnante étant magnifique.

Deuxième jour, à vélo, par 35 degrés

Deuxième jour, à vélo, par 35 degrés

Le fameux Angkor Wat

Le fameux Angkor Wat

Les apsaras (ou danseuses) que lon trouve par centaines sur les murs des temples

Les apsaras (ou danseuses) que l'on trouve par centaines sur les murs des temples

Détail d'une apsara

Détail dune des fresques dAngkor War (chaque fresque fait plusieurs dizaines de mètres)

Détail d'une des fresques d'Angkor War (chaque fresque fait plusieurs dizaines de mètres)

Re-détail. On nose même pas imaginer combien de temps cela a pris de faire sortir Angkor de terre...

Re-détail. On n'ose même pas imaginer combien de temps cela a pris de faire sortir Angkor de terre...

La terrasse des éléphants

La terrasse des éléphants

 

Troisième et dernier jour nous retrouvons notre chauffeur de Tuk Tuk qui nous emmène à des sites plus éloignées (45 km de Siem Reap) : le splendide mais bondé (de groupes de japonais) Banteay Srei, et son grès rose si finement sculpté, ses pavillons de petite taille où André Malraux y vola un bas-relief en 1923 ; Kbal Spean, « la rivière aux milles Lingas » que nous atteignons après une marche de 40 minutes dans la jungle, un ensemble de sculptures creusées dans la roche du lit de la rivière pour sanctifier l’eau de la rivière ; et le Banteay Samré, « notre » temple, que nous avons (presque) pour nous tous seuls !

On a bien cru que Jéjé allait y rester !

On a bien cru que Jéjé allait y rester !

C’est la tête pleine d’images et de poésie que nous quittons Angkor… nous y reviendrons avec plaisir ! A Angkor et au Cambodge où nous n’avons passé qu’une semaine, et où il nous reste tant à découvrir. Nous avons bien l’intention de partir à la découverte du peuple cambodgien, ce que nous n’avons pas pu faire pendant nos deux étapes très touristiques.

Pour l’heure, place à la Thaïlande, l’ultime étape de nos six mois… A nous la plage, les massages et les bons petits plats !!!

 

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Du centre du VietNam au delta du Mékong, en passant par Saïgon

by Cathy & Jérôme on fév.10, 2010, under 09.VIETNAM, CARNET DE ROUTE

Nous arrivons à Huê, l’ancienne capitale du Vietnam, située dans le centre du pays, la mer est à moins de 20 km. La ville s’étend le long de la Rivière des Parfums la coupe en deux : d’un côté la ville moderne, de l’autre, la vieille ville, qui correspond à l’ancienne cité impériale, classée au patrimoine de l’Unesco.

Nous commençons par aller explorer celle-ci en compagnie de Jost, un Suisse que nous avions rencontré dans le train de Sapa. La Cité Impériale, nichée dans l’enceinte de la Citadelle, face à l’imposante Tour du Drapeau, a beaucoup souffert des bombardements américains de 1968, la ville étant située le long du 17ème Parallèle. On y voit notamment le très beau Temple du Culte des Empereurs Nguyen, la porte Ngo-Môn, où l’empereur faisait part de ses décisions, le Palais de la Suprême Harmonie, salle du trône aux colonnes laquées de pourpre et jaune. Malgré l’aspect général un peu désolé et mélancolique (de nombreux chantiers en cours, et rien qui ne semble réellement terminé), c’est assez sympa de se promener dans les ruines. Après la visite, nous accompagnons Jost pour un repas… indien, comme quoi Jérôme n’est pas rancunier !

Mais les véritables trésors architecturaux de Huê sont en dehors de la ville, le long de la Rivière des Parfums. Ce sont les tombeaux des empereurs Nguyen (1802-1845), que nous allons visiter en moto. Jéjé n’étant pas sûr de pouvoir conduire une moto semi-automatique ni de s’orienter dans la campagne environnante, nous avons loué les services de deux gentils chauffeurs qui nous conduisent prudemment toute la journée. Nous commençons par le Tombeau de Minh Mang, qui a régné de 1840 à 1843. Signalons que ce vigoureux empereur n’avait pas moins de 30 femmes, 300 concubines et 142 enfants ! Pas étonnant alors qu’une grosse partie de Huê ait encore du sang royal ! L’ensemble de temples et de pavillons s’intègre parfaitement dans les collines et le petit lac environnant, et dégage une ambiance très zen. Rien à voir avec le Tombeau de Khai Dinh, un empereur hyper mégalo, qui s’est fait construire un mausolée d’un mélange oriental et occidental, donnant un rendu hyper kitsch. Complètement à l’image du personnage qui portait une « bagouze » à chaque doigt. Cet empereur n’était pas du tout populaire, encore moins après qu’il ait augmenté les impôts de 30% pour financer la construction de son mausolée.

Jéjé à l'arrière de la mobylette. Il n'a pas l'air un peu tendu ?

Franchement, ils n'auraient pas fait le poids ces soldats !

Nous visitons également deux pagodes dont la Pagode de Thien Mu, un temple assez sobre le long de la rivière des Parfums, où nous pouvons observer de jeunes bonzes méditer ou allumer de l’encens. Très reposant !

Avant de retourner à Huê, bien qu’on commence tout de même à avoir un peu mal à nos « petits » derrières, nous demandons à nos chauffeurs de faire un petit détour dans la campagne afin d’aller admirer les rizières. Celles-ci ne sont pas extraordinaires, rien à voir avec les rizières en terrasses, mais joli à voir tout de même.Avant de retourner à Huê, bien qu’on commence tout de même à avoir un peu mal à nos « petits » derrières, nous demandons à nos chauffeurs de faire un petit détour dans la campagne afin d’aller admirer les rizières. Celles-ci ne sont pas extraordinaires, rien à voir avec les rizières en terrasses, mais joli à voir tout de même.

Après Huê, nous rejoignons la jolie petite ville de Hoi An, le long de la côte. Enfin du soleil et de la chaleur, ça commençait à nous manquer ! Nous nous installons confortablement dans notre hôtel 3 étoiles bradé à 15 $ au lieu de 36 $ (encore une petite combine locale où notre chauffeur de bus nous dépose au pied d’un l’hôtel, au lieu de la station de bus, où nous sommes accueillis par de charmantes jeunes filles qui nous incitent à venir voir une chambre… et ça marche !). Cette ville est réputée pour ses très belles demeures en bois, des vestiges de la période très prospère où elle était située sur la route de la soie, et où de riches marchands y installèrent des comptoirs et construisirent de grandes et solides maisons en bois. Divers styles architecturaux cohabitent à Hoi An : chinois, japonais, français, et les maisons ont été très bien rénovées, souvent transformées en boutiques et restaurants. Même si la ville est devenue très touristique et mercantile, on s’y sent bien ! D’ailleurs, Cathy a bien su résister à la tentation de se faire faire des vêtements sur mesure dans un des innombrables tailleurs que compte la ville. Les maisons aux façades colorées, la rivière, son marché pittoresque et animé, les petits temples, le pont japonais en bois, une nourriture fine et réputée… tout cohabite parfaitement !

Le petit pont japonais de Hoi An

Une robe sur mesure ? Non, franchement pas la tenue la plus adaptée pour le moment...

Au gré de nos déambulations nous rencontrons de belles personnes, qui acceptent de prendre la pose… Bon, comme nous n’osons pas toujours demander, nous vous avouons que quelques photos sont un peu « volées » !

Hoi An, c’est également la ville des lampions, féeriques le soir venu…

La mer se trouve également à quelques kilomètres et nous nous y rendons en vélo en traversant une très belle campagne, principalement des rizières bordées de cocotiers. La plage principale est très belle, un vrai croissant de lune. Dommage que les autres plages alentours, désertes, ne soient pas entretenues, et qu’elles soient par endroits jonchées de déchets. Pas de baignade ni même de bronzette pour nous au programme (nous attendrons la Thaïlande), juste un poisson grillé mangé sur la plage, presque seuls au monde… Le bonheur en somme !

Dernier jour à Hoi An, nous découvrons avec bonheur une boulangerie où nous allons savourer un gargantuesque petit déjeuner : panier de pains et viennoiseries succulents (vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point le pain français nous manque), salade de fruits, jus de fruits, expresso (jusqu’ici on nous servait seulement du café infâme… Pleins de force et de courage, nous décidons de louer un scooter et d’affronter la circulation Vietnamienne pendant les 90 km (notre Routard en annonçait 20 de moins) à parcourir aller et retour jusqu’au site archéologique de My Son, dont il ne reste que des ruines, le lieu ayant largement bombardé par les américains. My Son avait été crée comme lieu saint par l’empereur Bhadravarman à la fin du IVème s, et devint un centre religieux et politique au fil des siècles, puis la Capitale du Royaume du Champa (influence hindoue d’abord puis bouddhiste). C’est la fin de la journée, le site est désert, aucun groupe de japonais à l’horizon, nous pouvons donc errer à notre guise au milieu des beaux monuments, tours, cours. Outre la visite, nous avons adoré parcourir la campagne en deux-roues, où nous avons pu admirer les magnifiques paysages, observer les gens travaillant dans les rizières, répondre aux nombreuses salutations des gens et enfants que nous avons rencontrés, parfois étonnés de voir deux touristes égarés dans leur campagne. Partout des sourires, des gestes amicaux, qui nous font tant apprécier le voyage. En tout cas, Jérôme mérita haut la main son diplôme de conduite au Vietnam !

Station essence locale... Ah si on était si bien accueillis au Total de Porte Maillot !

Comme nous n’avons pas trop envie de faire deux jours de bus pour atteindre Ho Chi Minh-Ville (ex Saigon), ni même de s’arrêter sur la côte sud-est, nous prenons un vol depuis Danang.

Nous ne pouvons pas dire que nous allons faire preuve d’une grande volonté à visiter Saigon, réputée pour être mercantile et vénale. Nous constatons tout de suite que la circulation y est bien plus intense qu’à Hanoi, qui est pourtant la capitale ! Ici les quartiers sont découpés en arrondissements et les avenues sont rectilignes. Nous sommes basés dans le quartier routard, plein d’anglo-saxons dont la seule préoccupation semble être de se saouler à une des nombreuses bières locales (la Saigon, etc…). Au secours, fuyons ! Qui plus est, il fait une chaleur étouffante, à laquelle nous n’étions plus habitués, et avons du mal à parcourir 100 m sans vouloir s’asseoir.

Et on fait comment nous pour traverser ???

Un nostalgique de la Guerre du Vietnam ?

Nous ne restons donc que deux jours, nous décidons tout de même d’aller voir les vestiges du colonialisme français qui a tout de même laissé de très beaux bâtiments, tels que la Poste Centrale ou la Cathédrale Notre-Dame et de magnifiques demeures. Nous allons également visiter le Musée de la Guerre (du Vietnam forcément !). Même si le musée est totalement partial (seul le point de vue vietnamien est représenté et aucune mention des atrocités commises par les Vietcongs), les photos, les témoignages sont bouleversants, dérangeants, et nous font encore plus détester la guerre.

Après Hanoi, notre prochain but est de rejoindre le Cambodge en remontant le mythique Mékong. Petit désaccord chez les Touritz : Jéjé préfère la facilité de passer par une des nombreuses agences qui proposent un transfert en groupe de Saigon jusqu’à Phnom Penh en 2 ou 3 jours tout en combinant des arrêts et activités touristiques le long du Mékong (qui plus est les tarifs sont imbattables), Cathy elle préfère l’autonomie et la liberté de nos déplacements et faits et gestes… ainsi que toutes les petites galères que cela entraine (puisque à lire les guides touristiques, il semble très difficile de remonter le Mékong sans structure organisatrice) ! Devinez qui a gagné (ou qui a laissé l’autre « gagner ») ?!

Nous commençons donc par rejoindre la ville de Vinh Long en minibus que nous avions réservé auprès de notre hôtel. Belle performance : 4 heures pour 136 km, soit une moyenne de 34 km/heure, ce qui nous laisse le temps d’admirer le paysage !

Arrivés au terminal de bus de Vinh Long, point de taxi… Bon, pas trop le choix, nous nous décidons à monter à bord des motos taxis, chacun le sien, le chauffeur devant conduire et tourner avec nos énormes sacs à dos entre les jambes. Mais non, ce n’est pas dangereux :-(

On espère juste qu'il n'y aura pas trop de virages ! Pas super pratique de conduire avec un sac entre les jambes et un Jéjé à l'arrière !

Vinh Long est réputée pour son marché qui se déroule tous les jours, la région étant très productrice de fruits grâce à la richesse de ses terres bien irriguée par les nombreux bras du Mékong (1 hectare de vergers rapporte autant que 5 hectares de rizières !). Joli marché en effet, plein de couleurs et d’odeurs… pas toujours bonnes (mélange de Durian, le gros fruit vert dont l’odeur évoque le vomi et les égouts – spéciale dédicace à nos amis avec qui nous avons voyagé en Malaisie au cours de l’été 2008, et odeurs de diverses bestioles séchées non identifiées…).

Le durian c'est ce fruit vert avec des piques. Joli, mais dégage une odeur nauséabonde 1 km à la ronde !

Nous prenons le bac pour l’ile d’An Binh, juste en face de Vinh Long. Nous sommes avec les habitants (et leur deux-roues) qui rejoignent leur île après le travail ou l’école sur le continent.

Le bac qui nous emmène sur l'ïle d'An Binh

A peine débarqués, nous nous faisons accoster non pas par un tuk-tuk ici mais par des chauffeurs de mobylettes qui nous proposent de nous faire le tour de l’île. Nous déclinons l’offre car nous avons l’intention de louer des vélos, bien plus pratiques pour se balader. Nous viennent alors des envies de noyer dans le Mékong le pépé qui nous refuse la location de ses vélos quand celui-ci feint de ne pas nous comprendre, nous qui nous évertuons à lui montrer les vélos. C’est bon, on a compris, il est de mèche avec les motos-taxis qui font le pied de grue devant la boutique. Passablement énervés (forcément on n’aime pas être pris pour des c…s), c’est donc à pied que nous nous aventurons dans les petits chemins. Nous n’irons pas très loin, mais c’est très intéressant et dépaysant de voir où et comment vivent les gens sur cette île, dans des maisons en bois, sur des cabanes en pilotis. Nous croisons de nombreux habitants, enfants, poules, cochons, etc. qui nous saluent gentiment (enfin pas les poules ni les cochons). Les enfants nous crient sans cesse « Hello, hello », et c’est le chahut si nous allons les prenons en photo !

Des sourires...

...encore des sourires

Comme il fait chaud et soif, nous nous arrêtons dans une micro-épicerie tenue par une mère et une fille adorables. La fille parle très bien anglais, et nous allons passer un moment assis à discuter, rire… Cathy rira un peu jaune quand Jéjé se fera littéralement draguer sous ses yeux par une amie de l’épicière qui lui fait demander l’âge de Jérôme, car elle le trouve « awesome », c’est-à-dire beau ! Forcément, l’île ne regorge pas de grands blonds aux yeux bleus, et Jérôme est ici très exotique ! Super moment passé dans cette épicerie, de voir les clients amusés par notre présence, et les deux épicières plutôt fières !

C'est la fête à l'épicerie de l'île !

Le soir, nouveau moment épique lorsque nous décidons d’aller manger dans une petite gargote locale, où le menu n’est qu’en vietnamien et que personne dans la famille ne parle un mot d’anglais. Voilà Jéjé qui s’évertue à faire comprendre que Cathy ne veut qu’une soupe de légumes. Ce fut très fastidieux ! Heureusement qu’elle ne voulait pas de poulet, car il en aurait été quitte pour mimer la poule ! Nous mangeons finalement très bien… pour le repas probablement le moins cher de notre voyage : 20000 dongs/personne, soit 75 cts d’euros !

Le lendemain matin, nous partons pour le tour privé que nous avons pris le luxe de réserver la veille auprès d’une petite agence organisant des tours sur le Mékong.

La vie sur le Mékong...

C’est donc au petit matin que nous partons sur ce fleuve mythique en bateau accompagnés de notre guide francophone pour le célèbre marché flottant de Cai Be, un marché de gros où viennent les commerçants du delta. Chaque bateau est spécialisé dans un fruit ou un légume, brandi au bout d’une perche qui sert d’enseigne. Petite déception, car nous arrivons à 08h30, ce qui est encore tôt, mais l’animation escomptée n’est pas au rendez-vous : il n’y a au final pas tant de bateaux que ça, alors que nous sommes à moins de trois semaines du Têt, le nouvel an chinois et que le marché est censé redoubler d’animation. Nous accostons pour voir des petites fabriques locales (feuilles de riz pour les rouleaux de printemps, bonbons à la noix de cocos…), qui sonnaient beaucoup trop touristiques de prime à bord et que nous allons finalement trouver assez intéressantes et amusantes. Au retour de Cai Be, nous croisons de nombreux bateaux, transportant toutes sortes de choses : des fruits, du sable (extrait du fond du Mékong et servant à la construction des maisons)… La vie en somme !

Le marché flottant de Cai Be

Chaque bateau est spécialisé dans le fruit ou le légume accroché à la perche

C’est alors que nous constatons que le Mékong est bien soumis aux marées, car l’eau a baissé et nous peinons à avancer, notre bateau raclant même plusieurs fois des troncs d’arbres qui se trouvent dans le lit du fleuve ! Ouf, nous arrivons tout de même sur l’île de An Binh, où toujours accompagnés de notre guide, nous parcourons les petits chemins à vélo dans la végétation luxuriante, traversant des petits ponts de bois dont on ne parierait pas sur la solidité, longeant les bras du Mékong et les vergers qui regorgent de fruits exotiques : ramboutans, jacques, caramboles, mangues, durians, pamplemousses… dont nous nous délecterons après le déjeuner (il ne manquait que les mangoustans). Des ramasseurs de ramboutans jettent même des fruits à Jérôme qui les prend en photo. La journée sur le Mékong se termine en pirogue, au raz de l’eau, un vrai moment de sérénité.

Que c'est charmant ces ramboutans sur les oreilles de Jéjé !

Le ridicule ne tue pas...

Après deux jours très sympas à Vinh Long, nous la quittons pour une autre ville du Delta, Chau Doc. Le problème c’est qu’il n’y a pas de bus entre les deux villes. C’est ainsi que nous avions demandé à l’agence de notre tour sur le Mékong de nous organiser un transfert entre les deux villes qui va s’avérer épique ! Cela débute par une quinzaine de kms à moto avec les sacs à dos… bon, ça on avait déjà fait en arrivant ! Sauf que là, les chauffeurs s’arrêtent sur « l’autoroute » (une grosse route ni plus ni moins), avec pour mission d’arrêter le premier bus ou minibus (plus confortable, climatisé, plus rapide…) qui passera en direction de Chau Doc.

Cathy en train d'attendre qu'un bus veuille bien nous prendre sur la route...

Cinq minutes à attendre, et ils font arrêter un bus… comment dire… très local… Aucun touriste dans le bus (pas vraiment le genre de bus que réservent les touristes), que des Vietnamiens ! A peine monté à bord, Jéjé reconnait que Cathy a bien eu raison de ne pas prendre les tours organisés de Saigon, et qu’il s’amuse bien plus ainsi ! A peine deux minutes après que nous soyons montés à bord, notre chauffeur s’arrête à une sorte de cafétéria (l’aire d’autoroute locale), où sont également arrêtés des minibus flambants neufs en direction de Chau Doc également. Nous ne nous posons pas trop de questions quant à savoir pourquoi nos chauffeurs de motos ne nous ne nous ont pas conduits ici au lieu d’arrêter un bus au milieu de la route, nous aurions ainsi eu le choix de notre bus ! Enfin, nous repartons dans notre bus, qui ne va cesser de s’arrêter sans cesse pour faire monter ou descendre les gens. Nous avons entres autres droit au type qui transporte une douzaine de paniers contenant chacun un coq, le père qui fait faire pipi par terre à son petit sur le sol du bus, au débarquement pas la fenêtre d’une centaine de paquets colorés qui jonchaient à l’arrière du bus, etc. Que des situations cocasses qui vont bien nous amuser ! Et puis aucune crainte, nous sommes bien protégés ! Le copilote n’oublie pas d’allumer régulièrement de l’encens devant les fleurs et la représentation de Ganesh ou quelconque divinité (qu’il va d’ailleurs allumer le tableau qui s’illumine et fait de la musique trop kitsch pour amuser Cathy !) qui se trouvent sur le tableau de bord.

Des bananes, des fleurs, de l'encens... c'est bon, on est protégés par les divinités !

Arrivés à Chau Doc après un trajet mémorable, nous reprenons un moto-taxi pour trouver un hôtel, qui s’avèrera un peu glauque et sans eau chaude). Nous allons y passer une journée. Outre l’habituel marché, nous nous rendons en cyclo-pousse au Mont Sam, une sorte de montagne sacrée de 230 m de haut dans ce paysage très plat, où les Vietnamiens viennent en pèlerinage. Plusieurs temples et pagodes se trouvent au pied du mont, mais les versants sont parsemés de petits oratoires creusés dans la roche. Du sommet la vue sur les rizières et le Cambodge est magnifique. En redescendant un gentil bonze nous offrira du thé au jasmin. C’est ici que s’arrêtera l’échange car le sage ne parle pas un mot d’anglais, mais le sourire parle de lui-même…

On teste les moyens de transport locaux !

Enfin le sommet du Mont Sam après une heure de marche sous la canicule !

Un gentil bonze qui nous a offert le thé

En revenant à Chau Doc, bien que Jéjé ne soit pas décidé à refaire un tour en bateau sur le Mékong (sous prétexte que c’est cher et que nous reprenons un bateau pour le Cambodge le lendemain), Cathy profite du fait qu’il soit en train de prendre des photos des Vietnamiens montés à 4 ou 5 sur les mobylettes pour trouver en douce un gentil batelier qui va nous emmener pendant plus d’une heure sur sa barque pour moins de deux euros ! Quel bonheur de glisser sur l’eau, sans moteur ! Il va nous conduire vers un village flottant où des gens vivent sur de véritables petites maisons flottantes ou encore des bateaux, avec enfants, animaux. Encore une fois les gens nous saluent chaleureusement. Nous nous rendons également dans un village Cham (musulman), où notre adorable batelier va même jusqu’à nous offrir des petits pains chauds. Des petits enfants s’ébrouent joyeusement dans le Mékong (ce n’est tout de même pas le Gange, mais on ne les imiterait pas, surtout qu’il y a des petits serpents d’eaux noirs) !

Cathy bercée par notre glissement sur le Mékong...

De retour sur la barque, nous voyons le soleil se coucher sur le Mékong, et nous revenons comblés de cette dernière petite balade sur ce beau fleuve mythique et de notre dernier jour au Vietnam. Nous avons d’ailleurs passé trois semaines très agréables dans ce beau pays que nous avons beaucoup apprécié ainsi que ses habitants. En effet, nous trouvons que les Vietnamiens ne méritent pas (dans la grande majorité) la mauvaise réputation qu’on leur attribue, et que si ce n’est certes pas le peuple le plus chaleureux de prime abord et le moins vénal… il n’en reste que nous avons trouvé les Vietnamiens plutôt gentils et souriants. Selon Jérôme, c’est qui plus est au Vietnam que nous aurons rencontré les plus belles femmes depuis le début du voyage (et non les Brésiliennes…).

Un papy qui a l'air plus que centenaire...

L’ambiance sera bien différente de notre petite barque à bord du bateau rapide que nous prenons le lendemain, pendant 7 heures jusqu’à Phnom Penh. Ce fut notre passage se frontière le plus original que de le passer sur l’eau. Un simple ponton amarré sur le fleuve côté vietnamien, et du côté cambodgien un poste frontière situé dans un jardin.

Notre mode de transport pour passer la frontière: l'embarcation à gauche sur la photo !

Le poste frontière vietnamien...

... et le poste frontière cambodgien !

Nous vous écrirons bientôt ici notre article sur le Cambodge, où nous n’avons malheureusement passé qu’une semaine, mais quelle semaine ! Restez donc connectés !

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Vietnam : la Capitale, les Montagnes et la Baie d’Along…

by Cathy & Jérôme on jan.30, 2010, under 09.VIETNAM, CARNET DE ROUTE

Nos premiers pas au Vietnam se font à Hanoi, la capitale. Dans le taxi, nous apercevons les premiers chapeaux pointus, pas de doute, nous sommes bien au Vietnam ! La campagne est plongée dans la brume hivernale, qui va d’ailleurs perdurer un certain nombre de jours. Contrairement au sud du pays, le nord du Vietnam a en effet un hiver bien marqué, et ce genre de temps est habituel en cette période.

Nous avions entendu à plusieurs reprises que les Vietnamiens avaient un peu trop souvent une fâcheuse tendance à vouloir abuser des touristes. Ce doit être la « chance » du débutant, la première arnaque ne se fait pas attendre, puisque notre chauffeur tente de nous débarquer devant un hôtel, où un homme nous accueille avec un « welcome to your hotel ! ».  Heureusement la méfiance habituelle de Cathy lui fait demander de quel hôtel il s’agit avant de descendre, et nous nous rendons vite compte que nous ne sommes pas à l’hôtel de notre choix. Le chauffeur de taxi en est quitte pour une petite « engueulade » dont Cathy est la spécialiste (bien entendu qu’adressée aux arnaqueurs en tous genres), et est prié de nous conduire à la bonne adresse illico presto. Jérôme, quand à lui, reste en toute circonstance très calme, et place simplement un petit « I’m not happy, this is not good, bad karma ! » au chauffeur. Heureusement notre hôtel est parfait, et nous tombons sur des gens adorables.

Nous sommes situés dans la vieille ville de Hanoi, qui célèbre en 2010 le millénaire de son existence, une histoire marquée par plus de 1000 ans de civilisation chinoise et par 100 ans de présence française. « Hanoi », littéralement « la ville en deçà du fleuve ». Elle est en effet longée par le Fleuve Rouge, un des deux grands fleuves du Vietnam avec le Mékong, qui vient des montagnes chinoises du Yunnan. Le Fleuve Rouge nous l’enjambons lorsque nous parcourons presque jusqu’au bout les 1,7 km du Pont Long Bien (construit par les Français et inauguré par Paul Doumer en 1902). Le pont a été bombardé plusieurs fois par les Américains… et nous sentons bien qu’il aurait besoin d’une bonne consolidation !
 

En général nous ne nous plaisons pas trop dans les grosses capitales agitées, mais nous sommes rapidement séduits par Hanoi !

Il règne dans cette ville une activité et une circulation incroyables dans un vacarme incessant de deux roues en tous genres. Les mobylettes sont chouchoutées, customisées avec des « selleries » façon damier Louis Vuitton ou Gucci… Tout un art ! Nous nous régalons du spectacle qui s’offre à nous dans le grand marché et les 36 rues de l’ancienne ville chinoise, correspondant chacune à un métier ou une corporation : il y a la rue de la chaussure, la rue des herbes et des graines, la rue des vermicelles ou encore la rue des stèles funéraires (la pauvre Britney Spears se retrouve d’ailleurs en photo sur des stèles modèles, les Vietnamiens ayant semble t’il un peu anticipé sa fin…).

Au sud de l’ancien quartier se trouve le Lac Hoan Kiem, le rendez-vous des amoureux romantiques. Sur le lac, après avoir enjambé un petit pont en bois rouge, nous nous retrouvons sur la Pagode Tran Quoc, le plus ancien temple bouddhiste de la ville, construite au VIème siècle, puis reconstruite. Parmi les nombreux temples et pagodes, se trouvent quelques églises (la religion catholique est la 2ème au Vietnam, après le Bouddhisme).

Nous nous rendons également en cyclo-pousse (après avoir payé sans doute trois fois le prix que paierait un Vietnamien, mais bon nous sommes des touristes et finalement c’est un moyen de transport bien sympa !) au Temple de la Littérature, construit en 1070 et consacré au culte de Confucius. Ce temple d’abord appelé l’école « des Fils du Ciel », puis rebaptisé Collège National, accueillait à l’origine les princes et les enfants de mandarins, puis se démocratisa en accueillant les meilleurs élèves. Il s’agit d’un très bel ensemble de temples et cours que l’on parcourt en traversant les différentes portes aux noms poétiques et évocateurs : la porte de l’Accomplissement de la Vertu, la porte de la Réalisation du Talent, la porte de la Magnificence des Lettres, la porte de la Cristallisation des Lettres, le portique des bons résultats.

 

Nous regrettons de n’avoir pas pu visiter le Mausolée d’Ho Chi Minh, celui-ci étant fermé deux jours par semaine. Pour ceux qui auraient oublié leurs cours d’histoire… Ho Chi Minh est le Président qui déclara l’indépendance du pays après la révolution de 1945, ce qui résulta en la création de la République Socialiste du Vietnam.

Après deux jours très agréables passés à Hanoi, nous prenons notre premier transport en commun au Vietnam, en l’occurrence un train de nuit, dans un compartiment en bois. Pas le luxe de l’Orient Express mais sympa quand même ! Nous arrivons au petit matin à Lao Cai, dans le nord ouest du pays, à la frontière avec la Chine. Cela nous aura quand même pris près de 8 heures pour parcourir… un peu plus de 300km ! Et oui, notre bon vieux TGV n’est pas encore parvenu au Vietnam, qui semblerait aurait les trains les plus lents du monde !

Ensuite, 1h15 de mini bus nous attendent pour parcourir les 38 km qui nous séparent du village de Sapa, situé à 1650 m d’altitude au cœur de montagnes parsemées de rizières en terrasses et de villages où vivent des minorités ethniques comme les Hmongs et les Zaos (le Vietnam compte au total 58 ethnies). Le problème c’est que les montagnes nous ne les verront pas… ou si peu ! En effet le village et les montagnes seront plongés dans une brume épaisse pendant les deux jours que nous allons y rester. De plus, il fait super froid et nous regrettons amèrement de nous être délestés de nos vêtements chauds auprès des parents de Jérôme. Nous avons un peu l’impression d’être dans une station de ski… sans le ski, ni la neige… ni le confort réconfortant d’une chambre chauffée. La nuit, nous nous blottissons en effet sous pas moins de trois couvertures (là encore, nous rêvons de nos sacs de couchage en plume douillette que nous n’avons plus), les gens de notre hôtel ne nous ayant jamais amené le bois pour allumer le feu dans la cheminée de notre chambre ou le chauffage…

Comme ce n’est pas dans nos habitudes de rester prostrés, nous partons tout de même explorer les villages alentours. Nous commençons par le village de Cat Cat que nous atteignons après plus d’une heure de marche et nous être délestés de quelques milliers de dongs. Les communautés ethniques ont en effet bien exploité le filon touristique et nous font payer l’accès aux villages. De même femmes et enfants ne cessent de nous proposer artisanat et petits objets en tous genres, allant même jusqu’à nous suivre dans les ruelles ! Cat Cat est un village Hmong. Les tenues diffèrent selon les communautés, mais sont toujours très travaillées. Nous sommes surpris par la toute petite taille des gens, Cathy en dépassant quelques uns d’une bonne tête !

Le village est très rural, beaucoup d’enfants jouent nus pieds ou à moitié habillés. Nous sentons tout de même que l’organisation est un peu faussée par le tourisme, et que les conduites des locaux sont un peu dictées par l’appât du gain. Nous remontons depuis Cat Cat en moto taxi, une nouveauté pour nous ! Enfin « moto » c’est vite dit, il ne s’agit que de vulgaires mobylettes ! Pas très rassurés tout de même par la conduite énergique de nos chauffeurs sur la petite route en lacets, mais bon, encore une expérience amusante !

Le lendemain, nous partons tous les deux guidés par une rigolote jeune fille d’un village voisin, toute coquette et de rose vêtue, pour une randonnée de 6 heures dans la montagne pour rejoindre les villages Lao Chai (communautés Day et Hmong) et Ta Van (communautés Day, Hmong et Dao Rouge). Nous sommes d’ailleurs accompagnés par deux femmes Hmongs qui rejoignent leur village. Elles sont d’ailleurs pleines d’attentions pour nous (aidant Cathy dans les passages difficiles, nous préparant des petits objets avec les brindilles et les fougères qu’elles ramassent). Nous ne sommes pas dupes, et nous nous doutons bien qu’à un moment ou un autre, elles vont sortir du panier qu’elles portent sur le dos quelques babioles ! Enfin, elles sont tout de même gentilles, et n’hésitent pas à discuter avec nous avec le peu d’anglais qu’elles parlent.

La brume est épaisse, mais se dissipe par endroits, laissant apparaitre des pans de montagnes, et de belles rizières en terrasses. Les rizières ne sont pas très vertes à cette époque, mais c’est tout de même beau. Pas un touriste en vue, le calme de la montagne et le brouillard nous enveloppent d’un sentiment de sérénité.

Nous faisons une pause déjeuner dans une petite gargote le long du chemin, où des enfants adorables jouent. Nous leur donnons des fruits et des gâteaux… et se laissent soudainement prendre en photo (en arrivant, nous avions droit à « one photo = one dollar ! »). C’est là que les femmes Hmongs nous sortent la grande artillerie : sacs, foulards en tous genres… Une des femmes nous dit même que si on ne leur achète rien, elles nous suivront toute la journée ! Mais qu’elles nous suivent, si elles n’ont que ça à faire ! Faibles que nous sommes, nous leur achetons tout de même à chacune une petite pochette brodée (alors que nous n’avons pas acheté un seul souvenir depuis notre départ !).

Nous atteignons les villages, que nous trouvons beaucoup plus authentiques que Cat Cat. Ils disposent tout de même de l’électricité, mais pas toujours de l’eau courante. Les maisons en bois, très modestes abritent les familles et les animaux en tous genres : cochons, poules, etc. Les femmes fabriquent des bâtons d’encens et pratiquent le tissage, et les Day travaillent la pierre. Une école financée par le Japon accueille les enfants, mais tous n’ont pas la chance d’en bénéficier.

Même si nous sommes un peu déçus tout de même de ne pas avoir pu apprécier la vue sur le sommet des montagnes et le cirque de rizières en étages sommes au final ravis par cette petite randonnée et notre petit séjour à Sapa.

A cause du temps, nous décidons de rentrer à Hanoi avec un jour d’avance. Nous achetons nos billets de trains à l’hôtel Pumpkin de Sapa, pour prendre le wagon Pumpkin comme à l’aller (les trains vietnamiens disposent de plusieurs wagons touristiques qui appartiennent à des compagnies privées comme les hôtels, et sont donc tous différents au sein d’un même train). Nous sommes censés récupérer les billets au resto Pumpkin de Lao Cai où part le train. En montant dans le wagon, nous comprenons tout de suite que nous nous sommes fait duper ! En effet, on nous avait vendu des billets First Class (ils ne proposent que ça aux touristes à Sapa) et nous nous retrouvons dans un wagon second class, avec des lits durs (« hard bed » versus « soft bed »), les draps n’ont visiblement pas été changés depuis un moment, etc. Nous n’avons pas de problème à voyager en 2ème classe, tant qu’on a payé pour ça ! Ce n’est pas ce que le gros c… de l’agence Pumpkin de Hanoi voudra entendre lorsqu’on viedra réclamer le lendemain le prix de la différence entre les deux classes, cherchant des excuses débiles et nous faisant limite passer pour des menteurs lorsqu’il nous dit que Pumpkin n’a pas de wagon 2ème classe ! Il faut dire que nous étions déjà passablement énervés par l’autre arnaque qui nous est arrivée en arrivant à l’aube (4h) à Hanoi, où le compteur de notre taxi s’emballe jusqu’à atteinte trois fois le prix que nous avions payé à l’aller dans les embouteillages. Forcément lorsque Cathy lui fait remarquer que son compteur est trafiqué, il ne parle plus un mot d’anglais (il le parlait pourtant, lorsqu’il s’agissait de nous faire monter à bord de sa voiture…) ! Arrivés à l’hôtel, il fait nuit, mais Cathy se jette sur l’autre taxi stationné d’où sortent d’autres touristes afin de comparer le prix. Le montant est encore plus élevé, et il semble que les compteurs trafiqués soient monnaie courante à Hanoi ! Voilà, deux arnaques en moins de 24 heures (en fait on en a eu une troisième, mais on ne va pas vous endormir avec toutes nos anecdotes), ça commence à faire beaucoup, et nous commençons un peu à pester après les filous de Vietnamiens. Heureusement nous nous calmons en se disant qu’il ne s’agit que d’une minorité et que dans l’ensemble nous avons rencontré des gens charmants.

De toute façon nous avons beaucoup à faire à Hanoi ce jour là, nous devons en effet réserver une excursion dans la mythique Baie d’Along. Nous sommes un peu inquiets après avoir lu et entendu que la Baie était devenue une sorte de parc d’attraction où les bateaux naviguaient collés les uns aux autres, les touristes étant traités comme un peu comme du bétail, devant se partager comme repas 10 crevettes pour 20 personnes. C’est ainsi qu’après quelques journées d’études de marché pour Cathy, ayant contacté des agences organisant des tours privés sur une vraie jonque, ou en petit groupe et ne suivant pas la même route que la majorité des bateaux… nous nous résignons à faire confiance à notre hôtel en prenant un bateau à USD 65 par personne pour deux jours avec une nuit à bord. En effet, nous ne sommes pas en voyage de noces, et n’allons tout de même pas débourser les montants (trop) élevés par les agences trouvées par Cathy (de USD 90 à 300 par pers) !

Heureusement tout va bien se dérouler pendant ces deux jours (bon hormis la conduite à la vietnamienne de notre chauffeur de Hanoi à Haiphong où nous embarquons, mais ça on s’y fait !). Le groupe limité à 12 personnes est sympa, le bateau est simple mais bien, et la nourriture copieuse. Coup de chance, nous avons même droit à notre premier jour de beau temps au Vietnam, et c’est sous le soleil que nous découvrons les mythiques pains de sucre, un des paysages les plus célèbres d’Asie. Nous imaginons que beaucoup d’entre vous les ont vues dans le film Indochine (nous allons d’ailleurs nous acheter le DVD puisque depuis la Malaisie de l’an dernier nous avons visité un certain nombre d’endroits représentés dans le film !). Les roches d’une multitude de formes et tailles émergent comme par magie de la mer, c’est fabuleux à contempler.

Ces roches abritent de nombreuses cavités et grottes, où la guérilla nord-vietnamienne se cacha dans les années 1940/50. Nous allons visiter (à la queue leu-leu) une de ces grottes immenses. Nous approchons les pains de sucre en canoë, très sympa, sauf que le temps de remonter sur le bateau, le coucher de soleil qui s’annonçait magnifique est déjà terminé ! Nous nous installons dans une baie pour la nuit… et si nous sommes entourés d’une dizaine de bateaux aucun ne se trouve à moins de 30 mètres du nôtre. Nous nous endormons bercés par la mer, avant de nous réveiller dans la Baie d’Along toute embrumée, ce qui donne aux roches une dimension mystérieuse. Au fur et à mesure de la matinée, la brume se transforme en grisaille. C’est donc sous un autre jour que nous la découvrons, mais le paysage est toujours beau. Voilà un autre temps fort de notre périple, un beau moment passé dans cette superbe Baie d’Along.

A très bientôt pour la suite de nos récits au Vietnam, dans le centre du pays cette fois, qui en cette période est en pleine saison des pluies !!!

Même loin nous pensons bien à vous, et nous vous embrassons.

Catherine et Jérôme

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