le TOUR du monde des RITZ

01.PEROU

Nous avons vu le Machu Picchu…

by Cathy & Jérôme on sept.30, 2009, under 01.PEROU, CARNET DE ROUTE

…et on peut vous dire que nous l’avons bien mérité ! Cinq jours de trek difficiles, 70 km et une trentaine d’heures de marche pour enfin atteindre THE MACHU PICCHU… pendant que l’immense majorité se contente de prendre le train… Pffff, trop facile ! Nous on préfère revenir plein de courbatures, d’ampoules et de piqures de moustiques, c’est bien plus drôle ! Enfin, l’essentiel c’est qu’on a survécu et que Cathy est déjà en train de regarder où nous pourrions faire un prochain trek (la voilà qui rêve de passer un 6000 mètres en Bolivie, on en rediscutera, une fois qu’elle sera capable de remarcher normalement !)…

Mais revenons d’abord sur les quelques jours que nous avons passés à Cuzco. Las de la devise péruvienne dans les lieux touristiques : « vous êtes européens, donc vous avez de l’argent, donc vous devez tout payer le double (voire le triple) des péruviens », nous avons décidé de nous raisonner et de nous limiter aux sites archéologiques qui se trouvent aux alentours de la cité inca. Nous raterons donc quelques sites majeurs de la vallée sacrée (Pisac, Ollantaytambo…), mais il faut parfois faire des choix (rien que l’accès nous aurait coûté l’équivalent de quatre nuits d’hôtel, sans compter le transport, etc.)… Bref, on en a gardé pour notre prochaine visite au Pérou !

La Plaza de Armas de Cuzco

La Plaza de Armas de Cuzco

Cuzco, c’est la capitale touristique du Pérou, située à 3400 mètres d’altitude, où il fait bon vivre et où nous avons passé cinq jours à nous acclimater à l’altitude et reprendre des forces pour la suite de notre voyage. Ici c’est tranquille, il n’y a pas autant de voitures qu’à Lima et Arequipa, c’est donc moins bruyant et pollué. Les seuls dérangements viennent des personnes qui vous abordent toutes les deux minutes pour vous proposer un « massage Señorita ? » ou parfois « manucure Señorita ? » !

Nous revoilà donc en pleine forme, partis sac à dos au dos, à grimper sévèrement sur les hauteurs de Cuzco, en direction de Sacsahuaman, « forteresse » inca dominant la ville, célèbre pour ses blocs de pierre si bien ajustés qu’il est impossible d’y glisser une aiguille ! Comme pour de nombreux sites au Pérou, le mystère demeure quant aux techniques utilisées pour amener ces blocs, certains pesant des dizaines de tonnes. Il faut savoir que les incas n’écrivaient pas, donc il y a beaucoup d’incertitudes sur les techniques, rites, etc., de l’époque inca. Une hypothèse avance que des dizaines de milliers de personnes – en général des peuples vaincus – étaient utilisés pour la réalisation de ces grands travaux. C’est gigantesque, et on imagine comme ils ont dû souffrir !

Détail dun mur inca : une pierre à 12 angles

Détail d'un mur inca : une pierre à 12 angles

Un peu plus loin sur la route de Pisac, nous trouvons le site de Kenko (« labyrinthe » en quechua), sanctuaire rupestre consacré au culte du Puma (« dieu de la guerre »). C’est ici que la classe dirigeante et les grands prêtres se réunissaient pour décider d’une éventuelle guerre autour d’un énorme rocher monolithe, ayant jadis la forme d’un puma. A l’autre bout d’un tunnel naturel se trouve également un autel sur lequel on sacrifiait des animaux (des lamas…) pour l’oracle.

Toujours plus loin sur la route, nous nous arrêtons sur le site de Tambomachay, le « bain de l’inca » organisé en plusieurs terrasses avec un système d’écoulement des eaux de terrasse en terrasse et où les incas venaient trouver la source sacrée et accomplir des rites religieux. En revenant sur nos pas, nous trouvons le site de Puca-Pucara, une belle forteresse rouge qui servait de poste de défense avancé pour la ville de Cuzco.

Après avoir apprécié la visite de ces quatre sites, nous décidons de redescendre à Cuzco en « collectivo » car nous n’avons pas trop envie de marcher les 8 km à pied, et en plus nous sommes trempés à cause de l’orage que nous nous sommes pris sur la tête !). Qu’est ce qu’un collectivo ? En fait c’est un taxi collectif, une sorte d’estafette où les destinations sont hélées par la fenêtre par ce qu’on va appeler un contrôleur (parfois un enfant), adaptée à la mini-taille des Péruviens, mais absolument pas à celle de Jéjé qui doit se plier en deux pour y rentrer et qui a les jambes qui monopolisent le couloir jusqu’à atteindre les sièges trois rangs devant… Le collectivo, c’est le mode de transport habituel des Péruviens, que ce soit à la ville ou à la campagne, où ils s’entassent à tous âges, de ce fait nous n’avons pas envie de nous priver du plaisir de le partager avec eux ! De leur côté, eux ne se privent pas pour nous dévisager et nous sourire… Heureusement, on n’a pas encore eu à partager la banquette avec la Péruvienne typique, en général plus large que haute (ben quoi, on a le droit de se moquer gentiment, non ?) ! Au passage, Cathy jubile, elle se sent enfin grande dans ce pays, où elle dépasse même beaucoup d’hommes…

Rentrés à Cuzco, nous sommes fins prêts à affronter notre fameux trek du Salkantay, de cinq jours et quatre nuits en montagne, sur la trace des incas, avec une magnifique destination finale : le Machu Picchu, que nous attendons tant !

Bon, il faut vous avouer que tout a commencé sur un rendez-vous manqué ! Après avoir décalé notre départ de quelques jours, le départ pour le trek était finalement prévu à 4 heures du matin le lendemain, et nous devions rencontrer notre guide à l’hôtel la veille au soir afin d’avoir le briefing qui va bien : déroulement du trek, matériel à emporter, etc. Après une heure d’attente à l’hôtel, nous finissons par nous dire que l’heure péruvienne de politesse est dépassée et nous décidons à appeler l’agence à Lima… Imaginez Jéjé en train d’expliquer la situation au téléphone et en espagnol (il n’est pas encore allé plus loin que la 4e leçon de la méthode Assimil… merci quand même Alex !). Mélange de français, d’anglais et d’espagnol, notre interlocutrice semble nous comprendre et nous dit qu’elle nous rappelle dans 10 minutes… Ce qu’elle fait (oh miracle de la communication !) en nous disant que le guide passe nous voir dans 5 minutes ! … Briefing éclair réalisé avec une personne de l’agence locale qui n’est finalement pas notre guide (il en profite même pour essayer de nous revendre billets de bus, excursions à Puno, etc. !), nous préparons un grand sac à dos pour deux (pas plus de 7 kg par personne) qui sera porté par les mules les trois premiers jours du trek ainsi qu’un petit sac par personne pour porter les affaires de la journée (et oui, Cathy va porter eau, polaire, gants, bonnet, snacks…). Nous nous couchons tôt (il semble que nous ne nous soyons jamais couchés et levés aussi tôt de notre vie !) car il faudra être en pleine forme le lendemain !

Premier jour, dimanche, un bus vient donc nous chercher à l’hôtel à 4h30… il fait froid… franchement, qu’est-ce qu’on fait-là, en plus on a payé pour ça ???!! Arrivée au village de Mollepata, il fait jour, et nous faisons connaissance avec nos compatriotes de galère autour d’un petit déjeuner. Un couple de français en tour du monde également (hello Sophie et Christophe !), trois italiens, un hollandais, un espagnol, un brésilien, deux allemands (on ne choisit pas)… Le groupe est jeune et a l’air plutôt sympa dans l’ensemble. Les deux guides ont l’air cool également. In extremis, on s’équipe de gants et bonnets péruviens pour 5 €, et Jéjé nous négocie même une bouteille d’eau gratuite ! On abandonne nos gros sacs à dos aux mules qui vous nous rendre un grand service, et nous commençons à marcher à 8 heures. Cathy semble super à l’aise dans l’ascension, trouvant assez de souffle pour discuter à droite à gauche (ça ne vous étonne sans doute pas !).

Premier jour de trek : jusquici tout va bien...

Premier jour de trek : jusqu'ici tout va bien...

Nous marchons jusqu’en fin d’après-midi jusqu’à notre premier campement de Soraypampa à 3600 mètres. Là, nous sommes en pleine montagne au pied du Salkantay enneigé, c’est superbe ! Une tente igloo de trois places rien que pour nous deux, un matelas fin, on s’accommode…

Le campement au pied du glacier

Le campement au pied du glacier

Les repas seront pris dans une espèce de cabane, où le chef (avec sa toque) cuisine par terre à la lueur d’une bougie.

Le chef, très pro avec sa toque, dans sa cuisine avec vue

Le chef, très pro avec sa toque, dans sa cuisine avec vue

Les toilettes, qu’en dire ? … Cathy ne s’y risquera même pas, préférant la nature environnante. Au moment de « l’happy hour » : le goûter (pris à 18h00 à l’arrivée), les choses se gâtent… En effet un orage s’abat sur le campement, il pleut des trombes, le tonnerre gronde ! Et forcément vu leur état, il pleut aussi dans les tentes ! En plus à 3600 mètres, au pied d’un glacier, à la fin de l’hiver, on peut vous dire qu’il fait super froid !

Lhappy hour, tous bien serrés pour se tenir chaud

L'happy hour, tous bien serrés pour se tenir chaud

Après un délicieux dîner pris à avec nos lampes frontales, on va se coucher vers les 9 heures en prenant soin de s’emmitoufler dans nos sacs de couchage après avoir mis des couches de vêtements thermiques, polaires, chaussettes, sac à viande (c’est le nom) pour gagner quelques degrés… Les choses se compliquent quand Jéjé qui se plaint de maux de ventre dès le dîner, est contraint de se lever 2 fois dans la nuit, complètement malade… Cathy de son côté, se réveille en pleine nuit, transie de froid dans son sac de couchage qui ne supporte pas les températures négatives, ce qui donnera lieu à un échange de duvets…

2ème jour du trek, nous sommes lundi, les guides nous réveillent à 6h00 alors qu’on n’a presque pas dormi et que c’est la journée la plus difficile qui nous attend, avec 8 à 10 heures de marche et franchissement du col d’Abra Salkantay à 4600 mètres ! Il fait froid… tout est trempé… Jéjé ne cesse de répéter qu’il ne s’attendait pas à de telles conditions, et regrette d’avoir entraînée Cathy (pourtant consentante) dans cette aventure… Heureusement, dès que nous commençons à marcher, le soleil brille, le glacier Salkantay et sa neige éternelle nous subjugue et nous a attire irrésistiblement, non sans peine car ça monte dur, et qu’à cette altitude notre souffle est très court !!!

Matin du deuxième jour, pas encore tout à fait frais

Matin du deuxième jour, pas encore tout à fait frais

Cathy plus motivée que jamais

Cathy plus motivée que jamais

On est juste ébahis (voire dégoûtés) quand notre équipe de porteurs nous double presque en courant en suivant les mules qui portent tentes, sacs et victuailles… Enfin, on se rassure en se disant qu’ils ont l’habitude ! Nous ne cessons d’admirer le paysage qui est tout simplement magnifique !

Après quelques heures de marche, nous franchissons enfin les 4600 mètres (second record d’altitude pour Cathy en moins d’une semaine après le Cañon de Colca), tout au pied du glacier !

Le passage du col à 4600 mètres daltitude

Le passage du col à 4600 mètres d'altitude

Le reste de l’après-midi sera essentiellement de la descente… de nouveau sous la pluie et la grêle, dans des paysages moitié montagne, moitié jungle, de petites rivières se mêlent entre elles pour former l’affluent du fleuve Urubamba.

Cathy décide alors de doubler tout le monde et de foncer dans les descentes, n’écoutant pas Jérôme qui lui conseille de ralentir et faire des pauses (mais, quand on est bretonne, on est un peu têtue !), malgré quelques petites douleurs aux pieds ! Après 8 heures de marche, arrivée au 2ème campement situé à 2900 mètres, dans un cadre bucolique de montagnes, où les poules, chats, cochons se mêlent aux tentes… En plus, il fait de nouveau beau, les températures sont plus clémentes, le ciel étoilé est magnifique ! Soirée très sympa avec le groupe, on va se coucher avec les poules (sens propre comme figuré). En enlevant ses chaussures, stupeur, Cathy a deux énormes ampoules toutes gonflées de la taille d’une pièce de deux euros chacune (on n’a jamais vu ça !)… Ce qu’on, c’est que dans la même journée nous aurons vu divers paysages extrêmement variés, et vécu les quatre saisons !

3ème jour, la petite troupe continue la marche dans un cadre magnifique et très changeant. Le soleil brille ça fait du bien, le groupe s’entend bien, l’estomac de Jéjé va beaucoup mieux, c’est cool ! Au début on se croirait dans les Alpes Suisses !

Les Alpes suisses ?

Les Alpes suisses ?

Ensuite nous rentrons dans une zone tropicale où poussent une variété de cultures comme café, bananes, fruits de la passion, et nous admirons des orchidées sauvages. Nous arrivons à notre camp de base situé cette fois-ci non pas en pleine montagne sauvage mais dans un village des Andes, Santa Teresa). Et là, grosse déception, le camp est glauque, c’est à moitié un terrain vague, ça n’a aucun charme, c’est plein de moustiques… D’ailleurs, s’agit-il de moustiques, car ça ressemble à des petites mouches, mais en tout cas, ça pique (ou plutôt ça suce le sang) !!! Sans doute une des nombreuses espèces exclusives au Pérou, inconnues sous nos latitudes (il faut savoir que l’écosystème du Pérou recense pas moins de 1800 espèces de la faune et flore propres au pays). Heureusement, c’est censé être un après-midi de réconfort car il est prévu que nous allions nous prélasser dans les sources d’eaux chaudes thermales qui se trouvent à quelques kilomètres en contrebas de Santa Teresa. Là, c’est la crise. En effet, nous sommes plusieurs à refuser de payer le bus qui doit nous emmener aux sources, car on trouve le coût excessif, et surtout nous n’étions pas au courant ! C’est là que commencent les tensions avec le guide principal, qui semble visiblement contrarié que nous n’ayons pas marché dans ses petites combines (enfin, ce sont nos suppositions…). Malgré la fatigue, les ampoules, nous sommes plusieurs à bouder le bus et nous nous mettons en marche sous le cagnard, attaqués par des centaines de moustiques. Arrivés aux sources d’eaux chaudes, c’est le bonheur, la délivrance ! Des immenses piscines d’eau chaude fumante (~38° ?), entourées de montagnes… Nous nous délasserons de cette eau bienveillante qui pendant deux heures soulagera tous nos petits maux accumulés pendant la marche des jours précédents… Ces bains ont été aussi l’occasion pour nous de nous laver pour la première fois depuis trois jours (autrement qu’avec des lingettes), forcément, nous n’avions pas le confort de douches ! Génial !

Après leffort, le réconfort

Après l'effort, le réconfort avec Sophie et Christophe

Le soir, dîner dans notre campement toujours aussi glauque, on a l’impression que le guide fait la tête, ça tombe bien, nous aussi. Heureusement, le 2ème guide est super gentil et attentionné…

4ème jour, mercredi, le Machu Picchu approche ! Marche sans grand intérêt, en plein cagnard le long d’une piste, moustiques assassins… rien à voir avec les trois jours précédents. De plus, Cathy, ne cesse de boiter, ses ampoules gonflées comme des billes la faisant beaucoup souffrir (les douleurs musculaires ne sont rien à côté).

Arrivée à la station hydroélectrique, il reste encore 3 heures de marche le long de la voie ferrée jusqu’à Aguas Calientes, le village au pied du Machu Picchu, or certains ont décidé de prendre des billets de train à Santa Teresa (le billet est inclus dans le forfait de certains car nous avons réservé auprès d’agences différentes et qui se sont rassemblées). Là, inutile de s’entêter, on aurait dû acheter des billets de train, on ne peut pas les acheter à la gare (vous avez déjà vu ça des gares où on ne peut pas acheter de billets ? Et bien au Pérou, ça existe !). Or notre ami guide qui lui a fait le trajet du matin en bus (et oui) ne fait rien pour arranger la chose alors qu’il y a des solutions pour acheter un billet. Ce n’est pas grave, on repart le long de la voie ferrée, et Jéjé est fier de sa petite femme qui souffre presque (si si, c’est vrai!) en silence. Les guides se sont relayés pour nous accompagner le matin/l’après-midi, et notre grand ami qu’on surnomme entre nous « Okaye Chicos, vamos » largue complètement le groupe, et marche 2 km devant nous sans nous attendre à aucun moment. Heureusement qu’on ne s’est pas fait percuter par un train, il aurait été mal ! Enfin, arrivée dans le village d’Aguas Calientes en fin d’après-midi, et nous rejoignons notre hôtel. Après 3 nuits de campings sommaires, nous apprécions de dormir en dur, même dans cet hôtel aussi basique qu’il soit.

5ème jour, départ de l’hôtel à 4h10 (au lieu de 4h00 car notre ami guide est sans doute involontairement en retard), pour le Machu Picchu (l’essentiel des touristes le faisant en bus) avec deux objectifs :
- être parmi les 400 premiers inscrits qui auront le droit de monter le Wayna Picchu, « la Montagne Jeune » qui surplombe le Machu Picchu (« la Montagne Vieille »), parce-que franchement on trouve qu’on n’a pas assez grimpé :-)
- découvrir le Macchu Picchu au lever du soleil. Raté, il pleut des cordes encore ce matin, et on arrive trempés et gelés de cette marche si matinale, épuisante qui plus est, et nous ne verrons pas le soleil se lever car c’est plein de gros nuages ! Dommage, heureusement notre 1er objectif est atteint, et nous faisons partie de ceux autorisés à accéder au Wayna Picchu.

Heureusement également, le soleil s’est souvenu de nos efforts pour arriver jusqu’ici, et décide finalement de se montrer progressivement. Les nuages se dissipant, le Machu Micchu de dévoile à nous dans toute sa splendeur !

La découverte progressive du Machu Picchu au fur et à mesure que les nuages se lèvent... instant magique !

La découverte progressive du Machu Picchu au fur et à mesure que les nuages se lèvent... instant magique !

The carte postale

The carte postale, version classique

Instants magiques que de découvrir cette cité inca perdue, qui elle aussi recèle bien des mystères : s’agissait-elle d’un lieu de culte consacré au soleil, une forteresse pour protéger des invasions des tribus amazoniennes, ou encore de la dernière capitale inca ? Toujours est-il que le site est resté à l’abandon pendant trois siècles, donc complètement ignoré des conquistadores espagnols, jusqu’en 1911 lorsque un archéologue américain ne la découvre, presque par hasard, le lieu étant éloigné, presque inaccessible… Nous avons donc passé une grande partie de la journée à explorer le site, divisé en divers quartiers avec deux grands secteurs : la partie supérieure (mirador, terrasses…), et la partie inférieure (temples, greniers, etc.). Incroyable !

The carte postable, version originale

The carte postable, version kitsch

Ils étaient quand même super doués ces incas, car le site a résisté aux divers tremblements de terre ! Nous avons également monté à peu près un millier (on exagère à peine) de marches, et là, les incas ils se sont pas foulés, car autant ils savent faire des murs « au carré », autant leurs marches sont complètement irrégulières et souvent super hautes (pourtant ils étaient petits les Incas !) ! Enfin, quelle récompense au sommet de pouvoir admirer le Machu Picchu de si haut et de cet angle !

Vue densemble depuis le sommet du Wayna Picchu

Vue d'ensemble depuis le sommet du Wayna Picchu

Petit zoom

Nous avons eu également la chance de célébrer l’anniversaire de Carl, notre compatriote québécois rencontré à Nazca deux semaines auparavant, qui faisait le trek avec sa blonde (en langage caribou) Andrée en même temps que nous, avec une autre agence !

Au sommet du Wayna Picchu avec Andrée et Carl (qui fêtait sont anniversaire)

Au sommet du Wayna Picchu avec Andrée et Carl (qui fêtait sont anniversaire)

Voilà, après une descente jusqu’à Aguas Calientes (encore à pied, avec Sophie et Christophe), nous sommes repartis vers Cuzco, en train et bus cette fois-ci…

Bilan de ces cinq jours, malgré le chaud, le froid, la pluie, la fatigue, les courbatures, les pieds en gruyère (pas moins de sept ampoules aux pieds pour Cathy), les piqûres de moustiques (après comptage, une centaine de piqûres… par jambe pour Jéjé, moitié moins pour Cathy, forcément il y a moins de surface !), le guide finalement pas si sympa qu’il n’y paraissait, nous avons passé d’excellents moments pendant ce trek Salkantay, nos avons vu des paysages magnifiques, partagé de très bons moments avec des gens super sympas, nous avons super bien mangé, et nous avons vu le Machu Picchu !!! Nous ne regrettons vraiment pas…

Finalement, afin de garder notre dynamique de voyage, et parce qu’on estime qu’on s’est peut-être un peu trop attardés à Cuzco, après être arrivés à 22h00, nous avons repris nos bonnes habitudes de bus matinaux, destination Puno à 8h00 dès vendredi matin… Puno, ça ne vous dit pas forcément grand-chose, mais le Lac Titicaca sans doute ! Ce nom nous a tous fait bien rire étant enfants ! Route une nouvelle fois superbe sur l’altiplano, et nous arrivons à Puno en début d’après-midi, côté péruvien du Lac Titicaca. Recherche d’hôtel, et de nouveau orage avec éclairs et trombes d’eau (la saison des pluies va commencer prochainement).

Samedi après-midi, nous nous rendons au site de Sillustani, situé à moins de 40 km de Puno.

Notre guide nous explique qu’il s’agit d’un cimetière pré-inca et inca, construit à l’origine par la civilisation Colla qui dominait l’altiplano (1200 à 1440 après J.-C.), conquis ensuite après par les incas, et qui était réservé aux personnes importantes, situé au sommet d’une colline bordée d’une lagune. Les tombes, appelées « chullpas » prenaient la forme de tours pouvant aller jusqu’à douze mètres de haut, dans lesquelles les corps momifiés (jusqu’à dix d’une même famille) étaient disposés dans la position fœtale. Elles disposent également d’une ouverture à l’est, vers le soleil levant. Les chullpas sont donc construites pour souligner le lien entre vie et mort, et permettre la réincarnation. Certaines chullpas sont même gravées d’animaux comme le lézard ou le serpent, animaux sacrés. La plupart des tombes ont été pillées. Nous avons vraiment apprécié le cadre naturel qui est magnifique et reposant.

Une des tombes les plus hautes de Sillustani

Une des tombes les plus hautes de Sillustani

De retour à Puno, nous retrouvons Sophie et Christophe, nos deux compatriotes parisiens globetrotteurs avec qui nous avions fait le trek pour dîner, et partons ensemble dimanche matin en bateau sur le Lac Titicaca. Nous nous arrêtons d’abord aux Iles Uros, qui sont en fait des îles artificielles construites sur une épaisse couche compacte de roseaux flottants, la partie immergée étant formée de racines entremêlées.

Une des 51 îles flottantes dUros

Une des 51 îles flottantes d'Uros

Sur ces îles qui sont au nombre de 51 aujourd’hui (cela peut changer : en cas de conflit ils peuvent couper l’île en deux avec une simple scie !), vie une communauté indienne, qui vit essentiellement de la pêche, et bien entendu du tourisme (ils proposent leur artisanat aux nombreux touristes qui débarquent sur leurs micro-îles). Malgré l’aspect touristique, c’est super intéressant de voir comment les Uros vivent (il y a même des poules sur les îles flottantes !), et nous sommes accueillis chaleureusement par les femmes (les hommes travaillent souvent à Puno dans la journée).

Ce sont les femmes qui accueillent les visiteurs et aident les bateaux à accoster

Ce sont les femmes qui accueillent les visiteurs et aident les bateaux à accoster

Tout est fabriqué en roseau sur les îles Uros : les maisonnettes, les meubles, les miradors, les bateaux, etc. C’est super adorable, tout est miniature. Cela donne une drôle d’impression de marcher sur ces îles, car c’est mou sous les pieds !

Nous réembarquons sur notre bateau, destination l’Ile de Taquile, à environ 2h30 des Iles Uros, situé à 3950 mètres d’altitude. Aucune voiture sur cette petite île qui compte 6 hameaux. De par la végétation, on se croirait sur une île grecque, avec les moutons dans des petits champs bordés de murs en pierre, et le Lac Titicaca ressemble ici vraiment à la Méditerranée. Vraiment, on n’a pas du tout l’impression d’être au Pérou ! Les habitants de cette île portent des magnifiques tenues, que nous pouvons admirer à loisir car nous assistons à la séance du conseil du village qui se tient chaque dimanche sur la place du village.

On reconnait les femmes mariées à la couleur de leur tenue et à la taille de leurs pompons. Ici, ce sont les hommes qui tricotent, pendant que les femmes tissent !

Pendant les 2h45 (notre bateau est plus que lent, on se demande si nous n’irions pas plus vite à la nage) qui nous ramènent à Puno, nous pouvons constater à quel point le Lac Titicaca est immense ! Il mesure en effet 175 km de long, et couvre 8340 km² ! C’est le plus haut lac navigable du monde, situé à 3812 mètres d’altitude, et il est bordé de magnifiques montagnes pelées.

Les deux filles se plaignent depuis deux jours des mêmes démangeaisons insupportables liées aux piqûres de moustiques, qui forment des petites boules sous la peau. Décidemment le trek nous aura laissé des souvenirs (on nous a assuré qu’il n’y avait pas de paludisme à cette altitude) ! (Les mêmes démangeaisons continuent d’ailleurs après quatre jours, Cathy n’en peut plus ! Ch & Ch, vous voudrez bien nous ramener un tube d’Apaisyl en Australie, car la pommade locale ne semble pas assez efficace, merci par avance ?!). De retour à Puno, de nouveau dîner avec Sophie et Christophe, et Jé qui est passé maître dans l’art du marchandage, arrive à nous négocier le menu (entrée/plat/dessert/boisson) pour 15 soles au lieu de 18, soit moins de 4 €… D’ailleurs, Jéjé qui continue de s’épanouir pendant ce voyage, répète qu’il « se sent bien et que c’est trop cool d’être là» !

Nous réalisons avec un peu d’amertume qu’il s’agissait de notre dernière journée au Pérou, après trois semaines intenses et enrichissantes, car nous partons le lendemain pour la Bolivie, avec comme première étape La Paz, la plus haute capitale du monde !

Lundi matin, au Terminal Terrestre, nous apprenons que suite à une grève qui paralyse le trafic (apparemment cela se passe assez régulièrement dans le coin), nous devrons changer de route pour nous rendre à la Paz (plus courte, mais moins jolie, car nous devions admirer la Cordillère Royale). Nous devions en effet passer deux heures à Copacabana, la ville touristique sur la rive bolivienne du lac Titicaca pour y changer de bus. La compagnie de bus nous organise donc un transfert en minibus qui nous emmènera à l’autre poste de frontière où nous attendra un autre bus qui nous conduira à la Paz. Ce sont les aléas du voyage, et Cathy ne se sent pas super rassurée dans les véhicules affrétés en urgence pour nous (en plus il pleut !). De toute façon, nous n’avions pas le choix sinon nous risquions de ne pas pouvoir repartir de Copacabana. Nous arrivons au poste frontière, et à peine débarqués du minibus, une dizaine de jeunes se jettent sur nous pour nous proposer de nous aider à faire les démarches de passage de douane. On est peut être pas encore des vieux routards du voyage, mais on n’est pas assez naïfs pour leur confier nos passeports comme certains nous les réclament ! L’endroit est glauque et sale, et nous nous rendons dans les bureaux sombres de la douane bolivienne où des douaniers peu avenants nous tamponnent tout de même nos passeports ! (sans même à avoir eu à payer de bakchich au douanier pour obtenir le tampon saint Graal). C’est bon, nous voilà la Bolivie !!!

Welcome to Bolivia !

Welcome to Bolivia !

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Hola a todos desde Cuzco !

by Cathy & Jérôme on sept.19, 2009, under 01.PEROU, CARNET DE ROUTE

Nous voilà donc à Cuzco, au cœur de la Vallée Sacrée, qui, outre le célèbre Machu Picchu, rassemble un certain nombre de sites et villes incas, que nous ne manquerons pas de visiter… dès que nous serons un peu plus en forme… En effet, depuis notre arrivée à Cuzco, Jérôme semble un peu grippé (notre ami anglais dans l’avion ?), et Cathy la grande montagnarde s’est plainte de maux de tête, sans doute liés au fameux soroche (mal de l’altitude), jusqu’au point de faire une séance d’oxygène de 5 minutes à l’hôtel ! Nous sommes actuellement à 3400 mètres, après avoir fait pendant 3 jours le yoyo entre 2400 à 4900 mètres. Nous avons tous les deux le souffle un peu court, à grimper les ruelles (très) pentues de Cuzco. Pas d’inquiétude, nous prenons soin de nous, et nous nous reposons aujourd’hui. Il faut dire que, outre la fatigue accumulée avant le départ, nous ne nous sommes presque pas reposés depuis notre arrivée au Pérou ! Nous en voyons déjà certains qui rigolent, mais entre le décalage horaire, les réveils à 4h30 pour attraper l’avion, à 5h00 pour aller voir les condors ou les phoques, ou encore les nuits dans le bus,  notre voyage depuis une dizaine de jours est loin de ressembler à une promenade de santé ! On décide donc de lever le pied, et après tout, on a 6 mois devant nous !

Nous vous avions laissés à Arequipa, une ville où nous avons passé 2 jours très agréables, un endroit où nous sommes sentis vraiment bien.

Arequipa est très touristique, et nous avons eu un peu de mal à trouver un hôtel car il s’y déroulait en plus un congrès. Heureusement, pendant que Cathy arpentait les rues à la recherche d’une chambre, Jérôme faisait usage de son charme (le grand blond aux yeux bleus, ça fonctionne bien ici) auprès de Jenyfer et Ingrid (si si, Péruviennes malgré les apparences) afin de nous dégoter une superbe chambre avec murs en pierre, miroirs dorés, etc. dans un très sympathique petit hôtel de la Calle Jerusalen.

Arequipa, c’est la 2ème ville du Pérou avec ses 8 millions d’habitants, la ville des intellectuels.  Elle est surplombée par le volcan Misti, qui nous fait penser au mont Fuji au Japon.

La Plaza de Armas dArequipa
La Plaza de Armas d’Arequipa

C’est une ville située sur une zone sismique active et qui a subi un certain nombre de destructions suite à des tremblements de terre. Nous avons adoré arpenter les rues du centre historique, qui regorge de très beaux édifices et palais de style colonial, souvent en lave blanche. De nombreux bâtiments avec des détails architecturaux magnifiques (porches sculptés…) abritent désormais des banques (il n’y a pas qu’en France que les banques rachètent les plus beaux édifices)!

La Compañia, église jésuite du XVIIe, pur style baroque
La Compañia, église jésuite du XVIIe, pur style baroque

La Place des Armes (chaque ville ou village que nous visitons a la sienne) au pied de la Cathédrale, bordée d’une double rangée d’arcades, avec ses palmiers, fontaines et pigeons est très vivante et harmonieuse.

Le 2ème jour, nous avons passé notre matinée à visiter le magnifique couvent Santa Catalina (Sainte Catherine de Sienne), une vraie ville dans la ville, avec ses ruelles, places, potagers, nombreux cloîtres. Superbe et fascinant ! Ce qui est frappant c’est la couleur des murs, dans des tons bleus et ocre.  Aujourd’hui, ne vivent dans ce couvent plus qu’une trentaine de religieuses, mais imaginez-vous qu’avant que le pape ne l’interdise en 1870, les sœurs (souvent issues de la bourgeoisie espagnole), y vivaient comme de vraies princesses dans des cellules 4 étoiles avec cuisine privée, domestiques…, organisaient des réceptions au couvent… Pas très religieux tout ça ! Ce n’est qu’en 1985 que le Pape Jean Paul II les autorisa à sortir et parler.  Ce fut vraiment une très belle visite !

Le couvent Santa Catalina avec ses murs bleus...
Le couvent Santa Catalina avec ses murs bleus…
...et ocres

...et ocres

Après la visite, en compagnie d’Andrée et Carl, nos amis voyageurs québécois rencontrés à Nazca, nous sommes partis en quête d’une agence qui nous emmènerait au Cañon de Colca les 2 jours suivants. Nous avons finalement opté pour celle qui nous offrait le meilleur prix, en se demandant ce que cela cachait… rien au final puisque tout s’est très bien passé (avec en prime une super guide, Mariluz, parlant même parfaitement l’anglais et le français). Dimanche matin donc, nous voilà en route pour le Cañon de Colca, le 2ème canyon le plus profond au monde, avec un dénivelé de 3200 mètres, le premier se situant non loin de là, au Pérou également. 180 km de route depuis Arequipa, qui  nous fait traverser une pampa désertique sur une centaine de kilomètres, avec en toile de fond les volcans et les montagnes enneigées.

La pampa entre Arequipa et le Cañon de Colca

La pampa entre Arequipa et le Cañon de Colca

On trouve de nombreuses offrandes aux divinités telles que celle-ci sur le bord de la route

On trouve de nombreuses offrandes aux divinités telles que celle-ci sur le bord de la route

Une petite pause avec le volcan Mitsi en toile de fond
Une petite pause avec le volcan Misti en toile de fond

La lumière est magnifique ici, et nous apprécions l’air très vivifiant (après l’air extrêmement pollué des villes), même s’il se raréfie avec l’altitude. Nous passons même le col de Patapampa à 4910 mètres, un record d’altitude pour Cathy ! Nous sommes au cœur d’une réserve nationale où nous avons la chance de pouvoir observer des troupes d’alpagas, lamas et vigognes (on ne vous fera pas un cours de comment faire la distinction entre les 3, ça attendra notre retour …). On peut même les approcher de très près, et Jérôme s’étonne qu’aucun lama ne lui crache dessus, il semble que l’expérience l’aurait bien tenté…

Des Alpagas à perte de vue
Des Alpagas à perte de vue
Quest-ce quil me veut celui-là?
Qu’est-ce qu’il me veut celui-là?

Nous arrivons dans l’après-midi au village de montagne de Chivay où nous allons passer la nuit. Il s’agit d’un village de 5000 habitants, qui semble assez typique, même s’il est très touristique puisqu’il est le point de départ des treks qui parcourent le Canyon.

Vieilles villageoises en costume traditionnel en train de tisser du fil... et guettant le touriste pour la photo!
Vieilles villageoises en costume traditionnel en train de tisser du fil… et guettant le touriste pour la photo!
Une fillette et son lama, toujours prêts à offrir leur meilleur profil !

Une fillette et son lama, toujours prêts à offrir leur meilleur profil !

Dommage que nous n’ayons pas plus de 2 jours (nous avions une contrainte de date à cause de notre trek du Salkantay au départ de Cuzco, que nous avons finalement repoussé de quelques jours), car nous aurions bien aimé descendre au fond du Canyon. Une prochaine fois ? En attendant, nous passons un moment dans la piscine d’eau thermale sulfureuse à 39°, qui fait vraiment du bien…

Une pause simpose dans les piscines thermiques de la Calera
Une pause s’impose dans les piscines thermiques de la « Calera »

Le soir, bien décidés à découvrir jusqu’au bout toutes les aspects de la culture péruvienne, notamment culinaire, nous décidons avec Carl et Andrée de goûter aux gentilles petites bêtes rencontrées plus tôt sur la route. Ce sera lama pour Jérôme, plutôt content de son choix, et Alpaga pour Cathy, pas franchement un coup de cœur ! Décidemment, l’alpaga, elle le préfèrerait sur sa tête sous la forme du fameux petit bonnet péruvien, très sympa ici, plus difficilement mettable à Paris… Surtout que c’est encore l’hiver et que la nuit est très fraîche, et la température de notre chambre ne doit pas excéder 15°, et devons utiliser 4 couvertures… Lendemain matin, départ du petit groupe à 6h00 de l’hôtel, avec pour objectif la Cruz del Condor, un endroit du canyon que les condors  survolent le matin avant d’aller chasser. Spectacle fascinant que ces énormes oiseaux  planant majestueusement au dessus de nos têtes…  Certains peuvent avoir une envergure de 3 mètres !

El Condor !
El Condor !
Le chef de bande?

Le chef de bande?

Les condors utilisent les courants dair chaud pour planner... ils ne battent presque pas des ailes, cest magique!

Les condors utilisent les courants d'air chaud pour planer... ils ne battent presque pas des ailes, c'est magique!

Le spectacle des condors terminé, nous continuons d’apprécier la région magnifique du Canyon de Colca, qui est une vallée de montagne, intégralement couverte de terrasses, qui avaient été travaillées par les Indiens Colluhuas, une civilisation 1000 ans plus ancienne que les incas. Aujourd’hui encore ces terrasses sont utilisées partiellement par les paysans des villages de la vallée les moins productives ayant été abandonnées. La route étant assez longue, nous devons à regret quitter cet endroit si paisible, afin de rentrer à temps sur Arequipa avant de prendre un bus de nuit vers Cuzco.

Cathy en pleine contemplation des terrasses... jveux rester ici !
Cathy en pleine contemplation des terrasses… j’veux rester ici !
Le Cañon et des terrasses... encore des terrasses !

Le Cañon et des terrasses... encore des terrasses !

Petite appréhension avant de prendre ce bus de nuit (c’est notre 2ème) car outre la propension des conducteurs péruviens à se prendre pour Ayrton Senna sur des routes (quand ce ne sont pas des pistes) défoncées, nous entendons parler de bus qui se font arrêter la nuit par des « pirates »… Pas très rassurant tout ça, et c’est aussi pour cette raison que, n’en déplaise à notre budget déjà bien dépassé, nous choisissons une compagnie de bus ayant une super renommée, le trajet du bus étant suivi à distance par GPS, etc… Nous arrivons sans encombre à l’aube mardi à Cuzco, où nous voilà à 6h30 du matin à sonner aux portes des hôtels afin de trouver une chambre. Pas une chose facile, car soit c’est plein, soit trop cher, soit trop glauque ! Tant pis, on devra changer d’hôtel ou de chambre tous les jours, mais nous trouvons enfin un gîte pour la nuit de mardi au sein d’un super petit hôtel chaleureux tenu par un couple italo-portugais. Journée très intense mardi où nous passons notre journée… à dormir, épuisés par les jours précédents et notre nuit dans le car. Surtout que les premiers symptômes grippaux se font sentir pour Jérôme, et les maux de tête pour Cathy. Mercredi, nous nous sentons tous les deux bien mieux, et arpentons les ruelles de Cuzco, la « Rome des Incas », et nous comprenons pourquoi de nombreux voyageurs décident de rester plus longtemps que prévu dans cette ville. Petit coup de gueule quand même, les autorités et locaux ayant une fâcheuse tendance à prendre les touristes pour des sacrés pigeons. Le boleto touristique qui est le billet d’accès aux sites de la région ayant enregistré une hausse de prix de 85% du jour au lendemain au 1er juillet ! Figurez-vous également qu’il faut payer 25 soles (soit environ 8 euros) pour visiter la Cathédrale de Cuzco, soit plus que le Château de Versailles ! Enfin, il faut quand même financer les 2 énormes 4×4 de l’évêque de Cuzco, ainsi que les études en Allemagne de ses 2 filles (cherchez l’erreur !)… Petites infos récoltées auprès d’un français très sympa installé depuis 12 ans au Pérou, qui tient l’hôtel où nous avons dormi mercredi soir. Jeudi, nouveau changement d’hôtel pour faute de disponibilité…

Après une journée de répit, les symptômes de grippe et maux de tête recommencent, et jeudi nous optons pour une journée repos/déchargement de photos/blog… Moins 3 jours avant le départ du trek le 20 : Il faut que nous soyons en pleine forme !

Finalement vendredi, nous allons tous les 2 bien, et décidons donc de partir explorer les sites incas à proximité immédiate de Cuzco… Très sympa, hormis le temps qui n’est pas avec nous, et nous nous faisons surprendre par l’orage et la pluie ! Forcément, nous sommes partis sans les ponchos… Photos et récits à suivre à notre retour de trek le 24 ! En attendant, pensez à nous, en particulier la nuit, car nous allons dormir à 3600 mètres d’altitude, sous la tente, et à priori, les nuits sont fraîches (environ -5°). On a même entendu dire qu’il neigeait il y a quelques jours en montagne… Allez, on vous embrasse tous, et à très bientôt !

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Bien arrivés au Pérou !

by Cathy & Jérôme on sept.13, 2009, under 01.PEROU, CARNET DE ROUTE

Voilà, il est temps d’entamer le récit de notre périple de 6 mois autour du monde après déjà 5 jours dans notre premier pays le Pérou ! Le temps de se remettre du voyage, décalage horaire et prendre nos marques de backpackers… et les jours filent !

Revenons d’abord sur les derniers instants de l’avant-départ.

Grosse frayeur tout d’abord jeudi après que Jérôme ait eu un accident de scooter à Paris, heureusement sans gravité, s’en sortant juste avec quelques hématomes à la jambe et une petite plaie au tibia. Ouf, Jérôme, trop impatient de partir et désireux de s’entraîner à la circulation en Inde, va finalement bien et nous pouvons partir !!! Cathy doit d’abord se décider à aller faire son dernier vaccin et aussi lâcher son travail, puisqu’elle se rend au bureau vendredi alors qu’elle est déjà en congés…

Vendredi soir, petite fête d’au-revoir à l’appart. Merci encore à tous d’être venus nombreux, nous espérons que vous êtes bien rentrés, certains ayant, nous-semble t’il, un peu abusé du champagne… Cela nous a fait super plaisir de vous avoir près de nous, et nous vous donnons rendez-vous en mars 2010 pour une soirée retrouvailles et photos ! En attendant, certains d’entre vous ayant émis le désir de nous rejoindre à l’autre bout de la planète (Inde, Vietnam..), faites-nous signe, nous serons plus qu’heureux de partager un bout de chemin avec vous !

Samedi, jour du grand départ. Le stress est palpable, surtout que nous ne sommes absolument pas prêts. Les sacs ne sont pas faits… et forcément on se rend compte à la dernière minute que nous dépassons les recommandations de poids par personne. Nous voilà donc en train de sortir tous objets/vêtements pas indispensables. Exit même les flacons de parfums (pour Cathy qui travaille dans les parfums, c’est un comble) !

Au final, 15 kilos pour Cathy (un peu plus d’1/3 de son poids !) et 16 kilos derrière et 5 kilos devant pour Jérôme ! Nous devons même nous résigner à ne pas prendre d’appareil photo reflex… ce qui va certainement nous manquer compte-tenu des splendeurs que nous allons avoir la chance de voir. Nous nous délesteront de quelques affaires en milieu de parcours, puisque les parents de Jérôme nous rejoignent en Australie, et nous n’auront plus besoin pour la suite du voyage des vêtements et sacs de couchage qui vont nous permettre d’affronter le froid de l’altiplano péruvien et bolivien.

Le départ Gare du Nord avec notre maison pour 6 mois sur le dos
Le départ Gare du Nord avec notre maison pour 6 mois sur le dos

Première destination, Londres en Eurostar. On vous l’accorde, c’est un peu bizarre de commencer un tour du monde depuis une gare, mais c’est aussi plus avantageux financièrement (les billets tour du monde sont moins chers depuis l’Angleterre et nous avons bénéficié d’une livre basse). Adieux humides gare du Nord, Cathy étant émue de laisser sa petite famille pendant de longs mois.

Arrivés à Londres, nous trouvons que tout a l’air un peu trop lisse et «décidons » donc de nous tromper d’hôtel afin de nous lancer dans l’aventure ! Nous voilà donc à traverser une voie rapide à 10 heures du soir afin de rejoindre le bon hôtel, avec nos sacs si lourds que Cathy maudit déjà… Lever très tôt dimanche pour un premier vol vers Madrid, où un anglais bien intentionné pense qu’il vaut mieux qu’on attrape la grippe H1N1 au début de notre voyage, et ne cesse de cracher ses poumons à 2 rangs de nous… Verdict dans quelques jours ! 2ème vol Madrid/Lima sans encombre et arrivée à Lima à la tombée de la nuit.

Lima - La Plaza Mayor by night
Lima – La Plaza Mayor by night

Nous sommes tout de suite dépaysés par ce que nous voyons depuis notre taxi : une mégalopole ultra-polluée, une circulation débridée, des enfants qui mendient aux feux rouge, etc. Nous arrivons à l’hôtel Espana que nous avions réservé de Paris, c’est le luxe que nous nous sommes offerts, puisqu’il n’est pas prévu que les hôtels soient réservés à l’avance pour la suite du voyage. Luxe abordable, puisque la nuit est à 11 EUR, pour un hôtel musée plein de charme, au confort certes sommaire mais plutôt propre. Les 2 jours que nous allons passer à Lima seront sans grand intérêt. Tout d’abord Lima n’est pas réputée pour son grand attrait touristique, même si nous apprécions la très belle Place des Armes, quelques beaux bâtiments coloniaux, et coins bien sympathiques dans le quartier résidentiel et d’affaires de Miraflores comme le parc de l’Amour (dans le style Gaudi) qui surplombe le Pacifique. Globalement la ville paraît assez triste, ceci accentué par un rideau de brume permanent venant de la mer et un vent glacial (habituel à cette époque de l’année puisque c’est la fin de l’hiver) et l’air chargé de CO2. Heureusement tout cela est compensé par l’effervescence de la ville et ses habitants qui nous paraissent plutôt sympas, souriants et serviables avec 2 français alignant avec mal 2 mots d’espagnol ! Lima est aussi réputée pour être dangereuse, en particulier le soir, or à aucun moment nous nous sommes sentis en danger. Le gros risque que nous prenons c’est de traverser la rue, le piéton n’ayant aucune espèce de légitimité dans cette ville (nous pouvons dire pays puisque cela se confirme partout où nous allons). Quelques démarches administratives : nous sommes allés voir notre agence de trek avec laquelle nous passons pour notre Trek Salkantay au départ de Cuzco qui nous mènera en 5 jours au fameux Machu Picchu. Il s’agit d’un français marié à une péruvienne et qui a ouvert une petite agence de voyage, il est très sympa. Dernière démarche, changement des travellers cheques à la banque. Des dizaines de péruviens qui attendent patiemment de passer au guichet, et chose étonnante, nous avons priorité et on nous fait passer devant tout le monde !

Mercredi matin, départ en bus pour Ica, route magnifique : 4 heures de trajet sur la panaméricaine, où nous traversons des plateaux désertiques et arides, tout en longeant l’Océan Pacifique. Aucun intérêt à Ica, notre destination est à 4 km de là, la Lagune de Huacachina, une oasis dans un mini désert. C’est fou, on se croirait au Sahara ! Huacachina a un petit côté kitch, et on y trouve aussi pas mal de babas cool qui vendent leur artisanat et fument de l’herbe. Beaucoup également de jeunes touristes péruviens qui flirtent. C’est d’ailleurs assez drôle, partout où nous allons nous voyons de jeunes péruviens qui se bécotent dans la rue, visiblement parce qu’ils ne sont pas autorisés à aller ensemble dans leurs familles respectives.

La route entre Lima et Ica... le désert !
La route entre Lima et Ica… le désert !
La lagune de Huacachina : on se croirait au sahara !
La lagune de Huacachina : on se croirait au sahara !
Les dunes à perte de vue
Les dunes à perte de vue

Le lendemain de notre arrivée à Huacachina nous faisons une excursion aux Islas Ballestas à 1 heure de route en prenant un bateau au port de Paracas. Il s’agit d’un ensemble d’îles surpeuplées de milliers d’oiseaux et d’animaux tel que pélicans, cormorans péruviens, otaries, lions de mer, etc. Impressionnant ! Heureusement nous avions prévu les imperméables avec capuches, car énorme risque de se faire repeindre les cheveux par les zoizaux… Nous n’y accostons pas, et nous ne le regrettons pas, l’odeur qui parvient jusqu’au bateau étant suffisamment rédhibitoire, c’est une infection ! Il faut savoir que les Isles Ballestas étaient connus des Incas pour le gisement de guano (= fiente des divers oiseaux), pour ses vertus fertilisantes extrêmement puissantes. Imaginez qu’au début de son extraction à partir de 1870, la couche de guano faisant 30 mètres de haut !! Aujourd’hui, l’extraction se limite à 6000 tonnes tous les 5 à 7 ans car l’île est protégée. Nous rencontrons pendant ce voyage 2 voyageurs solitaires, 1 suisse et 1 français qui nous donnerons quelques règles, comme le fait de TOUT négocier, bus, hôtels et alimentation, etc., ce que nous essaierons en effet d’appliquer avec plus ou moins de succès.

Islas Ballestas - Candélabre de 120 mètres de haut, repère pour les cap horniens

Islas Ballestas - Candélabre de 120 mètres de haut, repère pour les cap horniens

Une otarie en plein effort de sieste

Une otarie en plein effort de sieste

Les Islas Ballestas

Les Islas Ballestas

De retour à Huacachina, nous nous adonnerons à une des activités typiques, le sandboarding qui consiste à descendre les dunes sur des surfs. Drôle, mais on se limite à quelques glissades, parce-que il n’y a pas de remontées mécaniques pour nous monter au sommet des dunes, et qu’il fait assez chaud, nous sommes en plein désert ! Beaucoup de gens font du buggy ce que nous n’essaieront pas.

Le Sand Boarding
Le Sand Boarding
Coucher de soleil sur Huacachina
Coucher de soleil sur Huacachina

Après 2 jours dans notre petite oasis, départ pour Nazca, connue pour ses fameuses lignes et figures En route nous continuons de constater à quel point le Pérou est désertique pas endroits, nous qui nous nous imaginions un pays de montagnes avec beaucoup de verdure… Nous ne pouvions pas aller au Pérou sans voir ces mythiques lignes de Nazca, découverte au début du dernier siècle, et dont l’origine reste aujourd’hui encore inconnue. Les hypothèses sont nombreuses : représentation du calendrier des constellations, repérage de veines hydrauliques souterraines, rites chamaniques ou restes du passage d’extra-terrestres. Et si tout ça n’était qu’une fumisterie ? Forcément la meilleure manière d’observer ces formes consiste à les survoler. Presque tout le monde connait la phobie de Cathy pour l’avion, et contre toute attente, portée par on ne sait quoi, elle accepte de monter à bord d’un Cesna de 6 places piloté par un jeune et sympathique pilote. Le vol s’apparente plus à un vol de voltige où nous sommes baladés pendant 30 minutes de droite à gauche afin de mieux voir les diverses figures et lignes (le singe, l’astronaute, le condor, etc.). Le commandant de bord pilote d’une main et de l’autre nous indique les lignes, tout en négociant un virage serré. C’était vraiment super beau et intéressant, hormis le fait que Cathy était au bord de la crise de nerf, se demandant ce qu’elle faisait là, et Jérôme après une ½ heure de virages acrobatiques a fait usage du « sick bag » fourni par la compagnie pour y déposer les restes des repas précédents. Après cette expérience éprouvante, nous «zonons» dans la ville de Nazca, les jambes un peu flageolantes, jusqu’à notre bus de nuit qui nous emmènera dans la 2ème ville du Pérou : Arequipa.

Cathy et le Pilote devant lavion avant le survol de Nazca
Cathy et le Pilote devant lavion avant le survol de Nazca
Une figure : lAve Fragata ou Frégate
Une figure : lAve Fragata ou Frégate

C’est d’ailleurs de la merveilleuse Arequipa que nous vous écrivons, entourée de montagnes enneigées et surplombée par son volcan. Nous vous raconterons un peu plus tard, afin de ne pas écrire un roman. Le moral est au beau fixe, le soleil brille, nous sommes ravis de notre première semaine au Pérou, en revanche petite forme physique pour Cathy qui cumule la même journée : petite foulure à la cheville, mal de tête lié à l’altitude, et crampes à l’estomac… Heureusement son Jéjé prend soin d’elle (en temps normal, c’est plutôt Cathy l’infirmière !). Demain, départ pour une visite du Canon de Colca, le 2ème canyon le plus profond du monde pour 2 jours en compagnie d’un couple très sympathique de Québécois rencontrés à Nazca. Espérons que Cathy ira mieux, nous dormons à 3700 mètres d’altitude, température prévue 3 degrés ! Grosses bises à vous tous, le prochain post sera envoyé de Cuzco dans quelques jours…

Vue sur les montagnes environnantes depuis le couvent Santa Catalina
Vue sur les montagnes environnantes depuis le couvent Santa Catalina
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