le TOUR du monde des RITZ

10.CAMBODGE

On en rêve Angkor et toujours…

by Cathy & Jérôme on fév.26, 2010, under 10.CAMBODGE, CARNET DE ROUTE

Nous arrivons à dans la capitale cambodgienne un samedi férié et nous sommes surpris du calme (tout relatif) qui y règne. Très peu de circulation, pas de klaxons ou si peu, quel bonheur !

Si les habitants de Phnom Penh ont déserté la ville, il n’en est rien des touristes et parvenons malgré tout à trouver un hôtel, un peu au dessus du budget, mais très confortable et bien placé puisqu’il est situé sur la place du Musée National et à deux pas du palais royal.

Un peu éreintés par la chaleur ambiante, nous allons visiter la jolie ville de Phnom Penh : le Musée National des Beaux Arts, et son superbe bâtiment rouge où sont entreposés des chefs d’œuvre de l’art Khmer, la plupart en provenance des Temples d’Angkor ; le Palais Royal et des pavillons aux toits vernissés, la Pagode d’Argent, luxueuse pagode qui fut largement pillée par les Khmers Rouges mais ne fut pas détruite.

Le musée national
Le musée national
Une exhumation des temples dAngkor
Une exhumation des temples d’Angkor
Visite du palais royal
Visite du palais royal
Encore le palais royal
Encore le palais royal
Toujours le palais royal
Toujours le palais royal

La ville de Phnom Penh est encore beaucoup marquée de la présence française, comme en témoignent les nombreux vestiges coloniaux, telle la Grande Poste ou l’hôtel Manolis, en général de beaux bâtiments sobres tous teintés dans la même teinte de jaune doux. Sans être chauvins, s’il y a bien un côté positif au colonialisme français en Indochine, c’est l’empreinte qu’il a laissé à l’architecture de la ville, ce qui lui donne beaucoup de charme.

Le batiment de lindépendance
Le monument de l’indépendance
Le monument de lamitié Vietnamo-Cambodgienne
Le monument de l’amitié Vietnamo-Cambodgienne

Notre présence à Phnom Penh sera fortement marquée par la visite du Musée du Crime Génocidaire, le fameux S-21, où se déroulèrent des évènements tragiques de l’histoire du Cambodge, puisque c’est dans cette ancienne école reconvertie en prison que les Khmers Rouges (sous la direction de Pol Pot) commirent les plus atroces tortures sur environ 15.000 personnes avant que celles-ci ne soient exterminées au camp de Choeung Ek. En parcourant les anciennes salles de cours, converties en salles d’interrogations, en salles de tortures, ou cellules, en lisant les témoignages de victimes du régime de Pol Pot ou même des bourreaux (parfois des adolescents) nous ressentons toute l’horreur qui s’est déroulée dans ces lieux, et nous sommes tous les deux pris de frissons, avons des difficultés à respirer et restons muets. Nous essayons de comprendre comment il y a seulement une trentaine d’années un lieu de vie comme une école a pu devenir un lieu de mort, où des gens torturaient des concitoyens pour des raisons plus qu’obscures. Une visite très marquante qui nous fait fortement penser à la visite d’un camp de concentration nazi, mais nécessaire afin de ne pas oublier.

S21, une ancienne école transformé en prison et lieu de torture
S21, une ancienne école transformé en prison et lieu de torture
Les khmers prenaient pour habitude darchiver les photos de leurs victimes
Les khmers rouges prenaient pour habitude d’archiver les photos de leurs victimes
Le règlement des agents de sécurité... cela fait froid dans le dos
Le règlement des « agents de sécurité »… cela fait froid dans le dos

Nous nous échappons également de la ville en scooter en compagnie de René un français installé à Phnom Penh qui nous guide dans la campagne et les villages environnants, très sympa. Nous allons même jusqu’à crever une roue sur une piste de terre, et la réparation nous coûtera la fortune de 50 cts d’euros ! Nous visitons même un petit orphelinat, dommage les enfants sont en classe.

Phnom Penh compte d’ailleurs un certains nombres d’orphelinats et ONG, et nous allons d’ailleurs en faire fonctionner une particulièrement (l’association Friends/Mit Samlanh qui vient en aide aux enfants de la rue) en allant manger aux deux restaurants, en achetant quelques petits bijoux à la boutique d’artisanat et en allant faire une manucure/pédicure pour Cathy (bon ne croyez pas que c’était le grand luxe, loin de là, et l’élève avait encore besoin d’un peu de perfectionnement à l’enlèvement des cuticules sans douleur !). Les deux restaurants s’avérèrent en fait excellents, et font partie des endroits où nous avons le mieux mangé depuis le début de notre voyage. Voilà tout le monde est content, nous nous délectons des mets succulents tout en faisant une bonne action !

Lune de nos adresses préférées à Phnom Penh : The Shop Café & Bakery

L'une de nos adresses préférées à Phnom Penh : The Shop Café & Bakery

Cathy en mode pédicure/manucure chez Friends

Cathy en mode pédicure/manucure chez Friends

Nous restons à Phnom Penh deux jours de plus que prévu le temps d’obtenir notre visa pour la Thaïlande. En effet après avoir rencontré deux français dans notre boulangerie de prédilection où nous prenons nos petits-déjeuners, nous apprenons que depuis janvier 2009 les autorisations de séjours en Thaïlande aux frontières terrestres ne sont plus que de 15 jours contre 30 jours à l’aéroport. Nous devons rester en Thaïlande 3 semaines et afin d’éviter de devoir sortir du territoire pour y re-rentrer immédiatement (aux frontières malaises, cambodgiennes…), nous décidons de nous rendre à l’ambassade de Thaïlande afin de bénéficier du visa touristique (gratuit jusqu’au 4 mars), en espérant l’obtenir immédiatement. Mauvaise nouvelle, les délais annoncés sont de 4 jours, et nous n’avons pas l’intention de rester éternellement à Phnom Penh ! Dans la queue, nous assistons à des demandes d’autres touristes pour l’accourcissement du délai… elles sont toutes rejetées. Notre tour arrive, c’est donc avec très peu d’espoir que Cathy tente également sa chance au fonctionnaire qui lui annonce un délai de 3 jours (on a déjà gagné un jour, c’est déjà ça !). Un regard bien franc, de la politesse et un peu de manières dont seules les filles ont le secret, le charme semble opérer, et écrit sur le papier qu’il lui rend que les visas seront prêts dès le lendemain ! Effectivement, nous récupérons nos passeports 24 heures après la demande, ce qui nous permet de prendre un bus de nuit pour Siem Reap.

Le trajet avait bien commencé, le bus nous avait bien fait rire lorsque nous montons à bord après avoir assisté au chargement d’une moto dans le bus touristique ! Le bus est bien kitsch avec ses néons de couleurs, ses vidéos de karaoké… on trouve cela bien marrant et dépaysant. Cela se corse en revanche lorsque notre chauffeur pile en pleine route derrière un autre bus qui vient de nous doubler et qui vient aussi de piler. Nous assistons à une bonne dispute entre les deux chauffeurs qui se hurlent dessus, tous les deux hors d’eux-même. Finalement tout le monde repart. Soudainement quelques minutes plus tard, notre chauffeur commence à accélérer, et nous voilà à au moins 120 km/heure sur une route limitée à 80 km/heure, de nuit. Personne de dit rien jusqu’à ce que Cathy commence alors à crier au chauffeur de ralentir, sans aucun effet. Les gens commencent alors à crier, touristes comme cambodgiens, demandent à descendre du bus, un anglais va même jusqu’à aller menacer notre chauffeur fou de lui casser la figure s’il ne s’arrête pas. Notre chauffeur n’écoute personne, même pas sa compagnie qui l’appelle sur son portable après qu’un des passagers cambodgiens l’ait alertée, et continue sa course folle. Le stress monte d’un cran lorsque nous faisons une sortie de route en doublant un camion et nous avons l’impression que le bus va se renverser. Cathy est paniquée, en pleurs, Jérôme avouera ensuite que c’est sa vraie première frayeur depuis le début. Le stress est à son comble lorsque finalement après une vingtaine de minutes il parvient à doubler l’autre bus qui est à la source de son énervement, et qui n’est pas non plus décidé à se faire doubler. Une fois devant l’autre bus, notre chauffeur pile en plein milieu de la route, et se refait doubler. Heureusement c’est là que la course s’achève, le chauffeur va ensuite reprendre une allure relativement normale. Tout ça à cause d’un orgueil mal placé, notre chauffeur a failli tuer une trentaine de passagers, enfants et adultes, et nous sommes heureux d’arriver sains et saufs à Siem Reap à 01h30 du matin. Cathy avait bien évidemment prévu de lui faire part du fond de sa pensée en arrivant (en ne tenant pas compte des conseils qui disent qu’il faut éviter d’élever la voix avec les Cambodgiens), opportunité gâchée lorsque nous nous rendons compte que l’hôtel que nous avions réservé n’est pas venu nous chercher comme prévu, et ne nous a d’ailleurs pas gardé notre chambre ! Nous voilà donc en Tuk Tuk en pleine nuit à frapper aux portes des hôtels, tous complets. Le cauchemar n’est pas terminé ! Heureusement note chauffeur de Tuk Tuk nous en trouve un, nous avons enfin un toit pour la nuit, pour se reposer et se remettre de nos frayeurs du trajet.

Après avoir trouvé un autre hôtel le lendemain matin, tout neuf, moins cher et plus sympathique, nous partons enfin à la découverte du but de notre venue à Siem Reap, à savoir les fameux Temples d’Angkor, vestiges de la capitale de l’empire Khmer qui a prospéré du IXè au XVè siècle. A son apogée, il domina une large frange de l’Asie du Sud-Est, de la Birmanie, à l’ouest, au VietNam, à l’est. Sa capitale, Angkor, comptait pas moins de 750 000 habitants et couvrait une superficie d’environ 1 000 km². A la fin du XVIe siècle, lorsque des missionnaires portugais découvrirent les tours en forme de lotus d’Angkor Wat – le temple le plus sophistiqué de la cité et le plus vaste monument religieux du monde, la capitale de l’empire agonisait déjà. Aujourd’hui il ne reste que des ruines, plus ou moins en bon état (de nombreux temples ont fait l’objet ou sont en cours de rénovation), situées dans la forêt. Le domaine d’Angkor ne compte pas moins de 287 temples ! Nous nous contenterons des principaux pendant les trois jours que nous allons passer dans les temples. Nous sommes ébahis lorsque nous apercevons enfin les pierres d’Angkor Wat, le plus connu des temples d’Angkor. Notre première journée sera consacrée aux temples de Preah Khan, Ta Som, Mebon Oriental, Prasat Kravan, Ta Promh et Banteay Kdei. Ces deux derniers temples, romantiques et magiques ont été laissés livrés à la jungle, et l’entrelac des racines et des murs, l’alternance des arbres et des pierres nous font presque sentir comme les découvreurs de ces temples. Si chaque temple est différent de part sa taille, son architecture (nous n’allons d’ailleurs pas partir dans la description et l’histoire de chaque temple, sous peine de vous perdre, d’ailleurs il est impossible de décrire la beauté qui se dégage des temples), partout nous sommes frappés par la richesse des sculptures et gravures sur les bas reliefs, gopuras, murs, tous ornées d’apsaras (danseuses célestes), divinités sacrées (Bouddha, Vishnou…) et scènes de la croyance bouddhique, d’une grande finesse.

C'est parti pour trois jours de découverte des temples d'Angkor !

Le deuxième jour, c’est à vélo que nous partons au petit matin (pour éviter les trop grosses chaleurs) à la découverte de Angkor Wat, le plus mythique et le plus grand des temples (mais pas notre préféré, même s’il est très beau et majestueux), Angkor Thom : le Baphuon, la Terrasse des Eléphants, la Terrasses des Lépreux, le Bayon (où nous assistons à un magnifique coucher de soleil qui colore en rouge les tours à 4 visages). Les balades à vélo entre les temples sont très agréables, la forêt environnante étant magnifique.

Deuxième jour, à vélo, par 35 degrés

Deuxième jour, à vélo, par 35 degrés

Le fameux Angkor Wat

Le fameux Angkor Wat

Les apsaras (ou danseuses) que lon trouve par centaines sur les murs des temples

Les apsaras (ou danseuses) que l'on trouve par centaines sur les murs des temples

Détail d'une apsara

Détail dune des fresques dAngkor War (chaque fresque fait plusieurs dizaines de mètres)

Détail d'une des fresques d'Angkor War (chaque fresque fait plusieurs dizaines de mètres)

Re-détail. On nose même pas imaginer combien de temps cela a pris de faire sortir Angkor de terre...

Re-détail. On n'ose même pas imaginer combien de temps cela a pris de faire sortir Angkor de terre...

La terrasse des éléphants

La terrasse des éléphants

 

Troisième et dernier jour nous retrouvons notre chauffeur de Tuk Tuk qui nous emmène à des sites plus éloignées (45 km de Siem Reap) : le splendide mais bondé (de groupes de japonais) Banteay Srei, et son grès rose si finement sculpté, ses pavillons de petite taille où André Malraux y vola un bas-relief en 1923 ; Kbal Spean, « la rivière aux milles Lingas » que nous atteignons après une marche de 40 minutes dans la jungle, un ensemble de sculptures creusées dans la roche du lit de la rivière pour sanctifier l’eau de la rivière ; et le Banteay Samré, « notre » temple, que nous avons (presque) pour nous tous seuls !

On a bien cru que Jéjé allait y rester !

On a bien cru que Jéjé allait y rester !

C’est la tête pleine d’images et de poésie que nous quittons Angkor… nous y reviendrons avec plaisir ! A Angkor et au Cambodge où nous n’avons passé qu’une semaine, et où il nous reste tant à découvrir. Nous avons bien l’intention de partir à la découverte du peuple cambodgien, ce que nous n’avons pas pu faire pendant nos deux étapes très touristiques.

Pour l’heure, place à la Thaïlande, l’ultime étape de nos six mois… A nous la plage, les massages et les bons petits plats !!!

 

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