le TOUR du monde des RITZ

03.ARGENTINE

Des grands espaces de la Patagonie à l’agitation de Buenos Aires

by Cathy & Jérôme on déc.10, 2009, under 03.ARGENTINE, 04.CHILI, CARNET DE ROUTE

Comme nous n’en avons pas eu assez, nous reprenons un bus de nuit depuis Puerto Iguazu direction Buenos Aires. Le bus est quasiment vide, il s’agit d’ailleurs de la marque préférée de cars de Cathy (après de nombreux voyages on a nos préférences !) et une hôtesse nous sert nourriture et boissons, c’est le grand luxe (on doit vous avouer qu’ils nous ont même proposé du « champagne », probablement pour nous aider à dormir…) !

Nous n’avons qu’une journée et soirée à Buenos Aires, avant d’y revenir, car nous repartons vers la Patagonie le lendemain. Nous apprécions le temps très beau et chaud, après la pluie des jours précédents. Nous passons notre journée à visiter le Centro et ses beaux bâtiments et places, tels que l’Obélisque, la Plaza de Mayo, le Palais du Gouvernement (Casa Rosada), la Catedral Metropolitana, où se trouve la statue Santo Cristo de Gran Amor, le saint des footballeurs, célèbre en Argentine où le football y est une religion. De par l’architecture des bâtiments et les monuments, nous avons presque le sentiment d’être en Europe ou en France. Cela dit, sans être chauvin, c’est loin d’être aussi beau d’être que Paris… Nous allons dîner dans un resto (un peu trop chic pour des routards, au passage) à Puerto Madero, les anciens docks réaménagés en un quartier chic et tendance de Buenos Aires.

Le lendemain, nous avons rendez-vous avec Sophie et Christophe (nos compatriotes de voyage rencontrés au Pérou) à El Calafate, à plus de 2000 km au sud de Buenos Aires. A l’origine, nous n’avions pas prévu d’aller en Patagonie (Jéjé ne voulant pas trop aller vers le grand froid durant notre voyage) mais Cathy, aidée des nombreux autres voyageurs que nous avons rencontrés, ont eu raison de sa détermination. Le temps n’étant pas extensible, le séjour passé au Brésil s’en retrouvera donc réduit, mais une chose est sûre : nous y retournerons ! Comme nous ne disposons que d’une petite semaine, nous nous sommes offert le luxe de prendre un vol, afin de nous épargner une trentaine heures de bus…

Nous sommes donc ravis de retrouver Sophie et Christophe, que nous avions laissés en Bolivie plus d’un mois auparavant, après avoir fait ensemble le Sud Lipez et le Salar de Uyuni en 4×4. Avec eux, nous retrouvons d’ailleurs les joies du dortoir comme en Bolivie (il ne manque que Carl et Andrée), et nous partageons une chambre à quatre lits superposés.

El Calafate est une ville située au pied de la Cordillère des Andes et du Lago Argentino, à la couleur turquoise si particulière, donnée par la fonte des glaciers très anciens, et les sédiments de l’eau. El Calafate est le point de départ de nombreuses excursions, et principalement le fameux glacier Perito Moreno. Pour y parvenir nous traversons avec notre voiture de location une steppe sauvage, et longeons l’immense Lago Argentino. A peine arrivés sur le parking, le temps menaçant se transforme en neige ! Ce qui en temps normal réjouirait Cathy, la rend à ce moment de mauvaise humeur, car cette neige compromet nos chances de voir le glacier avec le soleil (qui colore la glace d’une très belle couleur bleue), et également risque de nous glacer (à l’inverse de S&C, nous ne disposons pas de pantalons étanches).

Afin d’être à l’abri de la neige, nous décidons alors de nous embarquer à bord d’un bateau qui nous emmène au pied de la face nord du glacier. Notre premier tête à tête avec ce glacier majestueux, un monstre aussi étendu que la ville de Buenos Aires, restera gravée dans nos mémoires, et clairement un des moments forts de notre voyage. Heureusement le temps se dégage petit à petit, le soleil apparait à travers les nuages, et les nuages se dissipent laissant apparaitre par endroits les montagnes qui surplombent le glacier. Le spectacle est émouvant et magnifique, tout semble si serein.

Après avoir abordé le Perito Moreno depuis le lac, nous nous rendons sur les passerelles qui le surplombent. Nous sommes bien décidés à être témoins de sa réputation de glacier « vivant » et qui progresse chaque jour. Les touristes débarqués par dizaines des cars, ne nous permettent malheureusement pas d’apprécier en silence le spectacle, ce qui nous fait enrager. Nous nous éloignons donc, et enfin nous pouvons voir le glacier vivre. Il et en effet bien vivant ce glacier, il grince, gronde, craque, et parfois des petits blocs de glace se détachent et se fracassent dans le lac dans un grondement sourd et qui résonne. Impressionnant ! Nous sommes également émerveillés par les différentes teintes de la glace qui va du blanc pur au bleu profond, accentué par le soleil qui traverse les pics acérés.

Notre deuxième jour en Patagonie, nous prenons un bus pour El Chalten, un village perdu cœur des Andes, au pied du Célèbre Mont Fitz Roy, connu de tous les Andinistes. Nous arrivons sous le soleil et depuis la route nous pouvons admirer les pics entre les nuages du Fitz Roy (3441m) et du Cerro Torre (3138 m). Heureusement car nous le les verrons plus pendant les deux jours que nous allons passer à El Chalten… hormis au moment de prendre le bus du retour vers El Calafate. Rageant, non ? Surtout que nous sommes venus pour ça !?  Malgré tout, nous apprécions la beauté de la montagne pendant les deux jours de randonnée que nous allons faire.

L'arrivée à El Chalten

La vue sur le Cerro Torre

La vue sur le Cerro Torre

 

Le glacier de la vallée Frances

Devant le glacier Grande

Ce que nous aurions dû voir après 6 heures de marche...

Ce que nous aurions dû voir le premier jour après 6 heures de marche...

... et ce que nous avons vu !

... et ce que nous avons vu !

On garde quand même le moral !

On garde quand même le moral !

Ce que nous aurions dû voir le deuxième jour après 4 heures de marche...

Ce que nous aurions dû voir le deuxième jour après 4 heures de marche...

... et ce que nous avons vu ! arrgghh :-)

... et ce que nous avons vu ! arrgghh :-)

Heureusement, nous continuons de progresser dans de très beaux paysages...

Heureusement, nous continuons de progresser dans de très beaux paysages...

De retour à El Calafate, nous devons repartir le lendemain tôt pour le Chili, le Parc Torres del Paine, dont beaucoup de gens nous ont parlé. Un contretemps nous fera partir avec quelques heures de retard : en effet la voiture que nous avions réservée étant neuve et n’ayant pas les papiers requis pour passer la frontière nous ne pouvions plus partir… Après quelques discussions (les filles voulant rester en Argentine, les garçons préférant maintenir le programme), et avoir enfin trouvé une autre voiture de location habilitée à traverser la frontière, les garçons gagnent et nous partons enfin ! Après avoir passé la frontière en pleine pampa déserte (avec au passage les douaniers les plus cools de la planète : les Argentins, avec télé, table de ping-pong, etc.), nous nous rendons compte que :

1/ nous arriverons trop tard pour prendre le catamaran qui doit nous emmener au refuge, point de départ des principales randonnées du Parc (le fameux W).

2/ cette expédition au Chili va nous coûter très cher car il n’y pas de distributeur d’argent dans ce coin paumé, et la cafétéria de la frontière qui fait office de bureau de change pratique des taux de change aberrants.

Nouvelles hésitations, «bon, on continue ou pas » ? Christophe prend alors les choses en main, et nous propose de jouer la suite de l’expédition à pile ou face : Face, on continue, pile on rentre en Argentine… Le hasard a décidé, ce sera face et nous irons à ce fameux Torres del Paine, coûte que coûte (au sens propre) !

Après avoir payé l’équivalent de 30 € rien que pour l’accès au Parc National (imaginez qu’on nous demande de payer rien que pour randonner autour du Mont Blanc !), nous cherchons un point de chute pour la nuit. Les prix de l’hébergement étant exorbitants, nous envisageons le camping… sachant qu’il fait zéro la nuit… Christophe n’étant pas très chaud pour tenter l’expérience, nous poussons plus loin, jusqu’à trouver un refuge à prix correct. Au moins, c’est chauffé, il y a un feu de cheminée dans le salon, par contre couvre-feu à partir de 22.30, ce qui signifie courte soirée et pas de chauffage la nuit ! C’est ici également que nous achèterons de l’essence pour la voiture (il n’y a pas de pompe dans le parc, ni à l’entrée)… à plus de 2 € le litre !

Premier matin, nous prenons le catamaran raté la veille et nous allons marcher dans la Vallée Frances, le long de jolis lacs et d’un très beau glacier. Nous ne pouvons aller jusqu’au bout, car nous devons prendre le dernier catamaran de la journée.

Le lendemain matin, nous croisons pleins de guanacos, cousins du lama et de l’alpaga. Les montagnes sont magnifiques, il y a plein de petits lacs de diverses couleurs.

Une grosse journée nous attend puisqu’il faut marcher soi-disant pendant 10 heures pour atteindre les pics si caractéristiques des Trois Torres. Il faut croire que nous sommes supers bons marcheurs car cela nous prendra 6 heures et demies !

Après une dernière épuisante montée de 30 minutes, nous atteignons le pied des Trois Torres. Là une surprise nous attend… une lagune bleue !

L’endroit est superbe… mais nous allons vite enfiler nos sandwiches et ne pas nous attarder sur le lieu, tellement le vent est glacial. Malgré le soleil, nous sommes gelés, et pourtant nous avions prévu  les épaisseurs sous la veste (en l’occurrence pour Cathy : 1 tee-shirt thermique, 2 polaires, 1 gore-tex, gants et bonnet)…

Voilà, il est temps de partir. Nous avons adoré le Parc Torres del Paine, malgré les coûts exorbitants imposés par les autorités aux étrangers, et de tous les intervenants (bateau, hôtels, restaurants…) qui doivent en décourager plus d’un, et qui donne un tourisme très sélectif que nous dénonçons. La nature s’adresse à tout le monde et ne doit pas devenir un business. Voilà, gros coup de gueule contre les Chiliens, c’est dit !!! Surtout qu’en termes d’entretien et mise en valeur du site, ils devraient prendre exemple sur leurs voisins argentins. Heureusement que la nature est magnifique et nous fait oublier ce côté très négatif.

C’est ici que nous nous quittons nos amis Sophie et Christophe… pour ne nous revoir qu’à Paris dans quelques mois puisque nos dates de voyages dans les divers pays ne concordent plus…

Nous rentrons à El Calafate à deux, et en chemin nous croisons plein d’animaux : les célèbres moutons de Patagonie (que nous n’avons même pas goûté), chevaux, vaches, autruches, lièvres, etc.

Nous prenons même un raccourci, une piste caillouteuse de 100 km en pleine steppe. Nous n’avons qu’une crainte c’est crever. Il fait presque nuit, nous croisons seulement deux voitures en 1 heure ½, et notre Gol risque de s’envoler tellement il y a du vent !

Le lendemain matin, nous quittons la Patagonie à regret, bien décidés à y revenir en été, et visiter ce que nous n’avons pas pu voir faute de temps : Puerto Madryn et ses baleines et lions de mer, Ushuaïa et le bout du monde, Bariloche et ses airs de station de ski suisse, etc.

De retour à Buenos Aires, ça nous fait tout drôle de revenir à la civilisation, après une semaine dans les grands espaces sauvages de la Patagonie. C’est ici que nous retrouvons nos autres amis voyageurs Claire et Alexandre (que nous avions rencontrés en Bolivie) avec qui nous allons passer trois jours. Nous serons basés dans le quartier populaire et très sympathique de San Telmo, le berceau du tango. Nous allons d’ailleurs avoir beaucoup de mal à trouver un hostel et sommes contraints de chercher chaque jour notre hébergement pour la nuit ! Nous allons tous nous balader dans le quartier chic de Palermo, mais la balade est un peu triste car le temps est gris. Heureusement, les steacks de 300 grammes sont là pour remonter le moral !

Le lendemain, nous allons dans le quartier très populaire de la Boca, célèbre pour son stade de football et son Caminito.

C’est hélas devenu un piège à touristes, et nous aurions dû continuer notre partie de Yam’s car il pleut, et que nous ne sommes pas forcément regardés d’un œil très bienveillant par les habitants du quartier, dès que nous nous aventurons hors des rues touristiques !

Dimanche, c’est le jour du marché aux Puces de Buenos Aires. Vendeurs de rues, brocanteurs, artistes, badauds ont envahi les ruelles de San Telmo, l’ambiance est bonne enfant, c’est très sympa. Du fait de la tempête survenue pendant la nuit précédente (non, non et non, Claire et Alexandre, nous ne sommes pas des « chats noirs » !), les matchs de polos de Palermo seront annulés. Dommage car nous sommes pile dans le seul mois du championnat, et nous aurions bien aimé assister à un match du deuxième sport national.

Nous nous rabattons donc sur le premier sport national, le football, et allons assister à un match au stade mythique de Boca, opposant les Boca Juniors à Gymnasium. Nous avons choisi la tribune populaire réputée comme étant la « plus tranquille ». Il règne une ambiance de feu dans le stade, où tous les supporteurs entonnent pendant 90 minutes les 6 ou 7 chansons très entrainantes pour supporter leur équipe. Les rares occasions où les Boca Juniors vont être mis en danger par l’équipe adverse seront saluées par des « hijo de p#£@a », tout le monde aura compris… Le score est sans appel, Boca l’emporte 4 à 0…

Sur le chemin du retour à San Telmo, nous croisons Bart, un hollandais rencontré en Bolivie, et allons tous prendre un verre sur la sympathique Plaza Dorrego, où des couples de tous niveaux dansent le tango. Jéjé se laisse entraîner par la musique lancinante et envoutante et danserait bien lui aussi, mais difficile de danser en tongs et shorts, compte-tenu de l’élégance dont font preuve les Portenos  (habitants de Buenos Aires) ! Après notre dernier dîner argentin, forcément composé de bœuf, nous disons au revoir à Claire et Alexandre, car nous nous envolons le lendemain matin vers l’Australie, pendant qu’eux partent en direction de la Nouvelle Zélande. A priori, nous ne devrions pas nous retrouver avant Paris, à moins que leur lobbying sur Jérôme pour prolonger le voyage et les retrouver aux îles Fidji ne fonctionne (ah, si nous étions libres de le faire, Cathy serait bien partante !)…

Nous disons en même temps au revoir à l’Argentine, à l’Amérique du Sud, où nous avons passé 2 mois et demi inoubliables, avons vu énormément de choses très variées et magnifiques, adoré la chaleur et la gentillesse des sud-américains… Entre les sites sacrés du Pérou, les paysages de la Bolivie, la gastronomie et la nature de l’Argentine et enfin la folie des Brésiliens, nous avons été comblés ! Nous n’avons qu’un seul regret, ne pas pouvoir y rester plus longtemps car il nous reste tant de choses à découvrir ! C’est sûr, nous reviendrons… en parlant bien l’espagnol cette fois !

Nous vous disons donc à très bientôt donc pour nos aventures australiennes…

Nous savons de plusieurs d’entre vous que l’hiver s’est bien installé en France, et nous vous souhaitons du courage pour l’affronter et essayons de vous envoyer un peu de chaleur !

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Iguazu falls !

by Cathy & Jérôme on déc.07, 2009, under 03.ARGENTINE, 05.BRESIL, CARNET DE ROUTE

Après plus de vingt-quatre heures de bus depuis la petite ville de Paraty, nous arrivons enfin à Foz do Iguaçu où se situent les fameuses chutes d’Iguazu, site classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Nous sommes tout proche de l’Argentine et du Paraguay. Nous arrivons en retard à Foz (forcément avec une ½ heure de pause toutes les heures…), et après avoir laissés notre « maison » (= nos sacs à dos) à la consigne du terminal de bus, nous rejoignons les chutes côté brésilien, nous avons à peine trois heures avant que le parc ne ferme. A peine arrivés, il commence à pleuvioter, pas de chance ! Le bus nous laisse près d’un sentier, où au fur et à mesure que nous marchons nous entendons le grondement sourd et croissant des chutes. Enfin nous les voyons ! C’est magique, nous avons une vue d’ensemble sur les chutes, « les grands sauts » qui se situent sur le côté argentin.

Le lit principal de la rivière, le rio Iguazu, là où se trouve la frontière entre les deux pays, se jette dans une fente d’érosion qu’on appelle la « Garganta del Diablo », la Gorge du Diable. Le débit des chutes, qui datent de 150 millions d’années, est en moyenne de 1500 m3/s et peut atteindre 6500 m3/s en période de crue ! Autant dire que les Argentins n’ont aucune inquiétude quant à un éventuel passage clandestin de Brésiliens à cet endroit…

Une passerelle nous permet de nous avancer sous les chutes, jusqu’au milieu de la Gorge du Diable. La vue est saisissante et vertigineuse ! Nous sommes alors enveloppés par un nuage de vapeur chaude, climat tropical oblige. C’est super pratique, nous n’avons pas trop les moyens de nous payer un hammam en ce moment, nous nous sommes donc offerts un nettoyage de peau gratuit, après plus de deux mois de voyage, c’est utile…

Comme pour nous narguer, au moment de repartir, le soleil commence à apparaître, ce qui donne de magnifiques reflets à l’eau.

Pour ne pas avoir à errer sac au dos fatigués après 24 heures de bus, nous avions au préalable réservé un hostel du côté argentin. Grave erreur, car malgré toute l’aide offerte par les Brésiliens, nous ratons le dernier bus qui passe la frontière (nous devions récupérer nos sacs laissés au terminal de bus…). Nous passons donc la frontière… en taxi ! Pas très routard, tout ça !

Le lendemain matin, nous nous levons aux aurores pour aller observer les chutes du côté argentin. Fins prêts, nous nous présentons au petit déjeuner à 7 heures tapantes ! Mince alors, rien n’est prêt, qu’est-ce qu’ils font… ils vont nous mettre en retard ?! Le type étonné de nous voir là, nous apprend qu’il n’est pas 7.00 mais 6.00 du matin ! Donc grâce à Jéjé qui avait assuré à Cathy qu’il n’y avait aucun décalage horaire entre le Brésil et l’Argentine, nous nous sommes levés à 05.30 !…

« Forcément », avant de partir, il commence à pleuvoir et des trombes, même le tonnerre gronde. Il ne faudrait quand même pas que nous nous fassions foudroyer pendant que nous visitons les chutes ! Comme nous ne pouvons tout de même pas rater cette merveille de la nature, nous partons quand même, armés de nos ponchos tous bleus. Arrivés sur le site, il continue de pleuvoir des cordes… sympathique !  Nous nous engageons sur les sentiers au milieu de la végétation tropicale. Il paraît que tôt le matin on peut y observer plein d’animaux, myriades d’oiseaux et papillons, des cerfs, des jaguars et des pumas… Tu parles, hormis nos fidèles amis les moustiques, toujours au rendez-vous quelque soit le temps, on ne verra pas l’ombre d’une bébête, assez folle pour sortir sous ce temps !  Nous commençons par les passerelles hautes et basses qui nous permettent de nous approcher de certaines chutes, c’est magnifique cette eau qui jaillit d’en haut et vient se fracasser dans la rivière dans un vacarme sourd.

On ne verra donc pas les magnifiques arcs en ciel et reflets irisés générés par le soleil, mais c’est tout de même très beau. Entre temps, Cathy se rend compte que le trop-plein d’eau est venu s’écouler dans ses chaussures, soi-disant Gore-tex… Flip flop dans les chaussures pendant plusieurs heures, trop agréable… Ce n’est toutefois pas étonnant, étant donné l’eau que nous nous prenons sur la tête, que ce soit du ciel, où les éclaboussures des chutes ! L’appareil photo prend également l’eau, après que Cathy l’ait fait tomber dans des rochers sur une plage au Brésil. Nous voilà donc, en schtroumpfs bleus dans nos ponchos à essayer d’étanchéiser l’appareil avec un système ingénieux absolument pas efficace de sac plastique…

A cause du niveau d’eau trop important, le bateau qui relie à l’îlot San Martin, où l’on peut aller marcher entre les des chutes, est fermé. Dommage car ça avait l’air sympa !

Nous remontons donc au train qui nous conduit jusqu’au clou de la visite, la longue passerelle jusqu’à la fameuse Gorge du Diable. C’est étourdissant, époustouflant, presque apocalyptique. Nous sommes au cœur des chutes, la puissance est incroyable, et on espère juste que la passerelle est bien ancrée dans le sol…

Dans le petit train du retour, nous rencontrons tout un équipage d’avion d’une compagnie aérienne privée spécialisée dans les transports de VIP, pilote, co-pilote et stewards, qui fait également un tour du monde… en 21 jours à bord de leur Airbus A310 pour 180 passagers à priori très fortunés, et visiblement très âgés… Escales super rapides, descentes dans des hôtels de luxe… Sympa de travailler dans ces conditions… mais définitivement, nous on préfère nos bus interminables et nos hôtels sans confort !

Grosses bises à tous… à très bientôt !

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De Salta à Mendoza… en passant par Valparaiso

by Cathy & Jérôme on nov.11, 2009, under 03.ARGENTINE, 04.CHILI, CARNET DE ROUTE

Et voila, une nouvelle fois, notre voyage nous laisse peu de répit pour trouver le temps d’écrire, et nous devons admettre que nous nous sommes tous les deux assez bien adaptés au rythme des Cariocas ! Et oui, nous vous avions laissés en Bolivie, entre-temps nous sommes allés en Argentine (avant d’y retourner), au Chili, et aujourd’hui nous voici au Brésil !!! Quoiqu’il en soit, c’est décidé, nous écrirons désormais un peu moins, mais plus fréquemment…

Tout va pour le mieux pour nous… Après la Bolivie, nous avons passé quelques jours bien tranquilles dans le nord-ouest de l’Argentine. Une Argentine quasi-bolivienne, de par ses paysages et ses habitants (le dernier bastion indien d’Argentine). Pourtant, dès le passage de la frontière, nous nous rendons compte que la Bolivie est bien derrière nous. En effet, nous apprécions de rouler dans un vrai bus, et sur des vraies routes ! Malgré tout, un petit sentiment de nostalgie nous envahit… Et oui, finalement nous nous sommes bien habitués aux conditions de voyage souvent très basiques du Pérou et de la Bolivie… En effet, finies les chambres glaciales non chauffées et sans douche, oubliés les bus vétustes et bondés ! Place à la modernité de l’Argentine, ce que nous regrettons presque au début (mais finalement on se ré-acclimate vite au confort) ! L’Argentine, c’est aussi le football ! Dans le bus, nous allons vivre le moment où l’Argentine parvient finalement à se qualifier à la dernière minute pour la Coupe du Monde de foot en 2010, on ne vous raconte pas comment les gens étaient heureux, le chauffeur klaxonnant à tout va ! Autre constat que nous faisons également très rapidement : autant nous parvenions à comprendre et à nous faire comprendre des Péruviens et des Boliviens malgré notre espagnol plus que sommaire, autant nous ne comprenons presque pas ce que nous disent les Argentins, tant ils parlent vite avec un accent très prononcé (avec des « ch » partout… Exemple, le « pollo », soit le poulet, se dit ici « pocho » !). C’est décidé, à notre retour à Paris, nous prendrons des cours d’espagnol !

Nous débutons donc l’Argentine par la Quebrada de Humahuaca, un paysage somptueux de hautes montagnes arides aux couleurs minérales, telle la spectaculaire montagne aux Sept Couleurs située à Pumamarca, qui offre une palette de couleurs du beige au violet, en passant vers le vert.

A Tilcara, dans notre superbe auberge de jeunesse en pleine nature, nous faisons de nouvelles rencontres, et visitons avec un couple sud-américain et une anglaise les ruines de la Pucara, une forteresse de l’époque inca au sommet d’une colline parsemée de cactus.

C’est aussi en leur compagnie que nous goûterons enfin au fameux bœuf argentin, réputé si tendre ! Nous décidons de faire un barbecue tous ensemble, et Jérôme et Jennifer partis faire les courses, s’étonneront de voir le boucher sortir de son frigo non pas une pièce de bœuf, mais la bête entière ! 24 pesos le kilo de filet de bœuf (le top), soit un peu plus de 4 €… (à comparer aux +/- 30 € que nous aurions déboursés en France) qui sera à la hauteur de nos espérances… Ultra tendre et savoureux !

Après quelques jours, nous descendons vers Salta, la plus grande ville du nord-ouest argentin, belle et très sympathique, avec ses jolis bâtiments coloniaux, places arborées, une ville extrêmement vivante, de jour comme de nuit. A Salta nous ressentons encore plus le contraste avec la Bolivie, tant nous trouvons que tout est moderne. Cela nous fait tout drôle de voir ne serait-ce que des boutiques (de vêtements, d’électroménager…), après 1 mois et ½ ! Jérôme est presque ravi de constater qu’il y a quand même des zones un peu sales et déglinguées même dans la ville, lui qui trouvait la ville trop moderne et propre ! De même, une constante, ici également le piéton n’existe pas !

C’est à Salta, leur région d’origine que nous goûterons nos premiers empanadas, chaussons fourrés principalement à la viande ou au fromage, frits ou cuits au four. Un délice ! De plus, elles ne coûtent qu’une broutille, et il y en a à tous les coins de rue. Résultat, après 15 jours en Argentine, quelques empanadas et steaks de bœuf (au minimum 300 gr par personne à chaque fois) plus tard, Cathy remettant le maillot de bain au Brésil, se rend compte avec désespoir qu’elle a pris du poids (et le fait qu’elle était un peu serrée dans son jean n’était finalement pas du à une nouvelle erreur de la laverie qui l’aurait fait rétrécir) ! D’ailleurs, beaucoup d’entre vous seraient étonnés de voir son appétit depuis le départ, elle qui ne termine habituellement jamais ses assiettes ! Il faut croire que le voyage lui réussit, mais peut-être un peu trop ! Les gens reviennent souvent amaigris d’un tour du monde, en l’occurrence cela ne se vérifie pas toujours ! Sans doute parce que son estomac l’a épargnée jusqu’ici des petits maux digestifs habituels du voyageur (nous verrons en Inde ce qu’il en est !).

Après un petit séjour bien tranquille à Salta, nous louons une voiture (une Volkswagen « Gol », oui oui, pas une Golf) et partons à la découverte de la Quebrada de la Conchas, l’un des plus beaux endroits du nord-ouest argentin. Un paysage de montagnes rouges et ocres sublimées par des sculptures naturelles façonnées par le vent et l’eau, telle la Garganta del Diablo ou la Ventana, une immense faille et une fenêtre dans la montagne.

Après une journée de grosse chaleur dans des paysages désertiques, nous arrivons à Cafayate, un joli village entouré de magnifiques vignobles (il paraît que c’est ici qu’est produit le meilleur vin blanc d’Argentine) et surplombé par la Cordillère des Andes.

Le lendemain matin, nous quittons à regret ce petit paradis de verdure avec pour destination les Vallées Calchaquies, en passant par des jolis villages comme Molinos ou Cachi dans des paysages très variés : nous alternons entre formations rocheuses, vignobles, plateau désertique où paissent des vaches, prairies… En fait, même s’il s’agit d’une route nationale (la Routa 40 qui traverse l’Argentine du Nord au sud), il ne s’agit en fait que d’une piste caillouteuse, presque digne de la Bolivie ! Nous allons donc faire endurer à notre pauvre Gol un régime normalement réservé aux 4×4, et notre seule crainte est de crever sur cette route déserte… En effet, nous croisons 2 voitures par heure, et le temps de remplacer une roue et nous nous liquéfions sur place !

Le seul répit pour la voiture, la fameuse Recta TinTin, route bordée de cactus, d’une absolue rectitude alors qu’elle date des incas, qui ne disposaient pas des techniques modernes.

De retour à Salta, nous prenons un bus direction Calama dans le nord du Chili, seulement afin d’y prendre un vol pour Santiago du Chili. A l’origine en effet nous devions visiter le Désert de Calama au Chili, et nous avons finalement opté pour le nord de l’Argentine, mais nous ne pouvons pas changer notre itinéraire sans pénalités.

Nous ne resterons donc à Santiago du Chili que deux jours, ce que nous trouvons suffisant, la ville ne recelant pas à nos yeux un charme irrésistible. Le temps est assez maussade et ne nous permet malheureusement pas de pouvoir admirer la Cordillère des Andes enneigée qui sert de toile de fond, ce qui doit être vraiment très beau en cas de beau temps.

Nous serons super contents de dîner avec Loreto, une amie chilienne de Jérôme qui vit dans le sud du Chili, mais que nous parvenons à voir à Santiago ! Elle nous emmène dans un resto très animé de la capitale, très sympa !

De Santiago, nous nous rendons à Valparaiso, très jolie ville balnéaire dont l’une des caractéristiques est les ascenseurs (certains datant du 18ème siècle), qui permettent de monter les nombreuses collines qui composent la ville (environ une trentaine). Chaque colline correspond à un mini-village au sein de la ville, qui s’avère très colorée, les maisons arborant des couleurs très vives.

 

C’est ici que nous connaitrons un petit bonheur en déjeunant français au restaurant « le Pastis », tenu par un Toulousain (parfois la nourriture française nous manque beaucoup, et nous donnerions cher pour simplement une bonne tranche de pain avec un vrai café expresso !). L’une des occupations préférées des Chiliens semble d’ailleurs être de manger, ce que nous constatons dans les restaurants très fréquentés (même en semaine), mais également dans la rue, où marchent de nombreux écoliers en uniformes qui laissent apparaître des jambes bien dodues…

Après 3 jours très brefs au Chili, nous retournons en Argentine, à Mendoza situé à 6 heures de Santiago en bus. La route traverse la Cordillère enneigée, et le hangar qui sert de poste frontière est entourée de pistes de ski… Il ne reste presque plus de neige, mais Cathy est très déçue d’apprendre que les stations n’ont fermé que quelques jours auparavant, elle qui rêvait de skier en Amérique du Sud !

Nous arrivons à Mendoza sous la canicule. Nous sommes étonnés, la ville est beaucoup plus grande que nous l’imaginions, avec ses nombreuses places et parcs et ses larges rues. Ici nous sentons la douceur de vivre dont jouissent ses habitants, qui se prélassent sous les parasols des cafés à siroter des bières où les vins de la région.

Nous restons quelques jours à Mendoza, et c’est ici que nous expérimenterons le pire des hostals (sorte d’auberge de jeunesse) depuis le début du voyage. Pas très propre (pour ne pas dire sale), bruyant (6 anglaises saoules passant leurs nuits à chanter et hurler au son de leur musique à fond) ! Des pulsions meurtrières nous venant, nous fuyons dans un joli petit hôtel tranquille pour le même prix… Afin de nous rafraichir et supporter la moiteur ambiante, nous décidons de nous rendre aux eaux thermales de Cacheuta, un ensemble de piscines extérieures dans un cadre de montagnes. Tout ça n’est pas très authentique, mais sympa quand même !

Ensuite, comme il fait toujours chaud, nous allons faire la route des vins à vélo afin d’étancher notre soif. Mendoza est en effet la première région productrice de vins en Argentine. Nous partons hélas un peu trop tard, et prenons trop de temps à visiter le musée du vin et une production artisanale d’olives et autres douceurs telle que du chocolat, et nous n’avons finalement le temps de ne visiter qu’une bodega où nous pouvons goûter aux productions locales, en l’occurrence principalement du Malbec, même si l’on trouve une grande variété de cépages comme le Cabernet Sauvignon, Syrah, Chardonnay, etc. Un peu dommage, mais c’était bien sympa quand même !

Serait-ce parce que Cathy ne boit habituellement pas d’alcool et que nous ne roulons pas très droit sur la route du retour (10km), qu’une voiture de police nous « escorte » en roulant derrière nous, gyrophares allumés ?… Nous finirons la journée par « déguster » la piquette de Mr Hugo, le loueur de vélos.

La région de Mendoza est également un excellent point de départ pour contempler la Cordillère, et c’est donc de nouveau à bord d’une voiture de location que nous décidons de refaire la route des Andes que nous avions empruntée en bus venant de Santiago (et que nous reprendrons une nouvelle fois en retournant à Santiago !). Ainsi nous sommes libres de nous arrêter sur la route quand bon nous semble. Cette route est tellement sublime que les occasions ne manquent pas. Elle commence par la vallée des vignobles qui sont dominés par les sommets enneigés de la Cordillère, dont le majestueux Aconcagua, le plus haut sommet d’Amérique, haut de 6959m !

 

Nous serons pourtant très déçus lorsque les gardes nous apprendrons qu’en raison d’une fuite de gaz survenue sur un gazoduc suite à une avalanche (si nous avons bien compris !), nous ne pouvons pas faire la randonnée qui nous mène à une lagune qui devait nous rapprocher de l’Aconcagua … Dommage cette petite marche aurait bien été sympa ! De plus le temps s’est couvert et les sommets sont dans les nuages !

 

Quoiqu’il en soit, notre route continue et nous nous arrêtons pour admirer le célèbre Puente del Inca, un pont façonné par les eaux volcaniques chargées en minéraux et détournées par les Incas. Le résultat est vraiment étonnant et très beau : une arche naturelle dans les tons jaunes et ocres, en passant par le vert.

Après 5 jours dans la région de Mendoza, nous réempruntons donc de nouveau cette fameuse route en bus direction Santiago où nous prenons un vol pour Rio de Janeiro. Un petit stress nous envahit (en l’occurrence Cathy) lorsqu’il s’agit de faire passer au Chili 2 bocaux d’olives et tapenade achetés à Mendoza alors que nous savons pertinemment que les Chiliens de plaisantent pas avec les importations de produits d’origine végétale (les fruits sont interdits…) et animale. Jéjé bien décidé à braver l’interdit, et pensant que son trafic passera inaperçu (alors qu’on nous avait déjà fouillé les sacs dans le nord du Chili), cache les bocaux dans ses chaussures… Finalement devant l’insistance de Cathy, il coche la case du formulaire où il reconnait transporter de la nourriture. Après le stress, la honte lorsque nos bagages sont scannés, et que les douaniers demandent à qui est le sac bleu (le seul qui soit désigné sur tous le bus) ! Et Jéjé plutôt embarassé devant les douaniers (et la trentaine de passagers du bus) en train d’ouvrir son sac et d’en ressortir les bocaux de ses chaussures ! Ouf, rien de grave, ceux-ci vérifient qu’il avait bien reconnu avoir de la nourriture, pas d’amende, et il est même autorisé à garder ses olives (que nous dégusterons le soir même à l’hôtel avec 2 français rencontrés dans le bus).

Le lendemain matin, nous partons à l’aube afin de prendre notre vol pour la fameuse Rio de Janeiro ! Nous n’allons pas être déçus du voyage… Suite de nos aventures très bientôt (moins d’une semaine), c’est promis !

Merci à tous pour vos mails et messages, nous vous embrassons aussi chaleureusement que les Brésiliens…

 

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