Nous avons vu le Machu Picchu…
by Cathy & Jérôme on sept.30, 2009, under 01.PEROU, CARNET DE ROUTE
…et on peut vous dire que nous l’avons bien mérité ! Cinq jours de trek difficiles, 70 km et une trentaine d’heures de marche pour enfin atteindre THE MACHU PICCHU… pendant que l’immense majorité se contente de prendre le train… Pffff, trop facile ! Nous on préfère revenir plein de courbatures, d’ampoules et de piqures de moustiques, c’est bien plus drôle ! Enfin, l’essentiel c’est qu’on a survécu et que Cathy est déjà en train de regarder où nous pourrions faire un prochain trek (la voilà qui rêve de passer un 6000 mètres en Bolivie, on en rediscutera, une fois qu’elle sera capable de remarcher normalement !)…
Mais revenons d’abord sur les quelques jours que nous avons passés à Cuzco. Las de la devise péruvienne dans les lieux touristiques : « vous êtes européens, donc vous avez de l’argent, donc vous devez tout payer le double (voire le triple) des péruviens », nous avons décidé de nous raisonner et de nous limiter aux sites archéologiques qui se trouvent aux alentours de la cité inca. Nous raterons donc quelques sites majeurs de la vallée sacrée (Pisac, Ollantaytambo…), mais il faut parfois faire des choix (rien que l’accès nous aurait coûté l’équivalent de quatre nuits d’hôtel, sans compter le transport, etc.)… Bref, on en a gardé pour notre prochaine visite au Pérou !
Cuzco, c’est la capitale touristique du Pérou, située à 3400 mètres d’altitude, où il fait bon vivre et où nous avons passé cinq jours à nous acclimater à l’altitude et reprendre des forces pour la suite de notre voyage. Ici c’est tranquille, il n’y a pas autant de voitures qu’à Lima et Arequipa, c’est donc moins bruyant et pollué. Les seuls dérangements viennent des personnes qui vous abordent toutes les deux minutes pour vous proposer un « massage Señorita ? » ou parfois « manucure Señorita ? » !
Nous revoilà donc en pleine forme, partis sac à dos au dos, à grimper sévèrement sur les hauteurs de Cuzco, en direction de Sacsahuaman, « forteresse » inca dominant la ville, célèbre pour ses blocs de pierre si bien ajustés qu’il est impossible d’y glisser une aiguille ! Comme pour de nombreux sites au Pérou, le mystère demeure quant aux techniques utilisées pour amener ces blocs, certains pesant des dizaines de tonnes. Il faut savoir que les incas n’écrivaient pas, donc il y a beaucoup d’incertitudes sur les techniques, rites, etc., de l’époque inca. Une hypothèse avance que des dizaines de milliers de personnes – en général des peuples vaincus – étaient utilisés pour la réalisation de ces grands travaux. C’est gigantesque, et on imagine comme ils ont dû souffrir !
Un peu plus loin sur la route de Pisac, nous trouvons le site de Kenko (« labyrinthe » en quechua), sanctuaire rupestre consacré au culte du Puma (« dieu de la guerre »). C’est ici que la classe dirigeante et les grands prêtres se réunissaient pour décider d’une éventuelle guerre autour d’un énorme rocher monolithe, ayant jadis la forme d’un puma. A l’autre bout d’un tunnel naturel se trouve également un autel sur lequel on sacrifiait des animaux (des lamas…) pour l’oracle.
Toujours plus loin sur la route, nous nous arrêtons sur le site de Tambomachay, le « bain de l’inca » organisé en plusieurs terrasses avec un système d’écoulement des eaux de terrasse en terrasse et où les incas venaient trouver la source sacrée et accomplir des rites religieux. En revenant sur nos pas, nous trouvons le site de Puca-Pucara, une belle forteresse rouge qui servait de poste de défense avancé pour la ville de Cuzco.
Après avoir apprécié la visite de ces quatre sites, nous décidons de redescendre à Cuzco en « collectivo » car nous n’avons pas trop envie de marcher les 8 km à pied, et en plus nous sommes trempés à cause de l’orage que nous nous sommes pris sur la tête !). Qu’est ce qu’un collectivo ? En fait c’est un taxi collectif, une sorte d’estafette où les destinations sont hélées par la fenêtre par ce qu’on va appeler un contrôleur (parfois un enfant), adaptée à la mini-taille des Péruviens, mais absolument pas à celle de Jéjé qui doit se plier en deux pour y rentrer et qui a les jambes qui monopolisent le couloir jusqu’à atteindre les sièges trois rangs devant… Le collectivo, c’est le mode de transport habituel des Péruviens, que ce soit à la ville ou à la campagne, où ils s’entassent à tous âges, de ce fait nous n’avons pas envie de nous priver du plaisir de le partager avec eux ! De leur côté, eux ne se privent pas pour nous dévisager et nous sourire… Heureusement, on n’a pas encore eu à partager la banquette avec la Péruvienne typique, en général plus large que haute (ben quoi, on a le droit de se moquer gentiment, non ?) ! Au passage, Cathy jubile, elle se sent enfin grande dans ce pays, où elle dépasse même beaucoup d’hommes…
Rentrés à Cuzco, nous sommes fins prêts à affronter notre fameux trek du Salkantay, de cinq jours et quatre nuits en montagne, sur la trace des incas, avec une magnifique destination finale : le Machu Picchu, que nous attendons tant !
Bon, il faut vous avouer que tout a commencé sur un rendez-vous manqué ! Après avoir décalé notre départ de quelques jours, le départ pour le trek était finalement prévu à 4 heures du matin le lendemain, et nous devions rencontrer notre guide à l’hôtel la veille au soir afin d’avoir le briefing qui va bien : déroulement du trek, matériel à emporter, etc. Après une heure d’attente à l’hôtel, nous finissons par nous dire que l’heure péruvienne de politesse est dépassée et nous décidons à appeler l’agence à Lima… Imaginez Jéjé en train d’expliquer la situation au téléphone et en espagnol (il n’est pas encore allé plus loin que la 4e leçon de la méthode Assimil… merci quand même Alex !). Mélange de français, d’anglais et d’espagnol, notre interlocutrice semble nous comprendre et nous dit qu’elle nous rappelle dans 10 minutes… Ce qu’elle fait (oh miracle de la communication !) en nous disant que le guide passe nous voir dans 5 minutes ! … Briefing éclair réalisé avec une personne de l’agence locale qui n’est finalement pas notre guide (il en profite même pour essayer de nous revendre billets de bus, excursions à Puno, etc. !), nous préparons un grand sac à dos pour deux (pas plus de 7 kg par personne) qui sera porté par les mules les trois premiers jours du trek ainsi qu’un petit sac par personne pour porter les affaires de la journée (et oui, Cathy va porter eau, polaire, gants, bonnet, snacks…). Nous nous couchons tôt (il semble que nous ne nous soyons jamais couchés et levés aussi tôt de notre vie !) car il faudra être en pleine forme le lendemain !
Premier jour, dimanche, un bus vient donc nous chercher à l’hôtel à 4h30… il fait froid… franchement, qu’est-ce qu’on fait-là, en plus on a payé pour ça ???!! Arrivée au village de Mollepata, il fait jour, et nous faisons connaissance avec nos compatriotes de galère autour d’un petit déjeuner. Un couple de français en tour du monde également (hello Sophie et Christophe !), trois italiens, un hollandais, un espagnol, un brésilien, deux allemands (on ne choisit pas)… Le groupe est jeune et a l’air plutôt sympa dans l’ensemble. Les deux guides ont l’air cool également. In extremis, on s’équipe de gants et bonnets péruviens pour 5 €, et Jéjé nous négocie même une bouteille d’eau gratuite ! On abandonne nos gros sacs à dos aux mules qui vous nous rendre un grand service, et nous commençons à marcher à 8 heures. Cathy semble super à l’aise dans l’ascension, trouvant assez de souffle pour discuter à droite à gauche (ça ne vous étonne sans doute pas !).
Nous marchons jusqu’en fin d’après-midi jusqu’à notre premier campement de Soraypampa à 3600 mètres. Là, nous sommes en pleine montagne au pied du Salkantay enneigé, c’est superbe ! Une tente igloo de trois places rien que pour nous deux, un matelas fin, on s’accommode…
Les repas seront pris dans une espèce de cabane, où le chef (avec sa toque) cuisine par terre à la lueur d’une bougie.
Les toilettes, qu’en dire ? … Cathy ne s’y risquera même pas, préférant la nature environnante. Au moment de « l’happy hour » : le goûter (pris à 18h00 à l’arrivée), les choses se gâtent… En effet un orage s’abat sur le campement, il pleut des trombes, le tonnerre gronde ! Et forcément vu leur état, il pleut aussi dans les tentes ! En plus à 3600 mètres, au pied d’un glacier, à la fin de l’hiver, on peut vous dire qu’il fait super froid !
Après un délicieux dîner pris à avec nos lampes frontales, on va se coucher vers les 9 heures en prenant soin de s’emmitoufler dans nos sacs de couchage après avoir mis des couches de vêtements thermiques, polaires, chaussettes, sac à viande (c’est le nom) pour gagner quelques degrés… Les choses se compliquent quand Jéjé qui se plaint de maux de ventre dès le dîner, est contraint de se lever 2 fois dans la nuit, complètement malade… Cathy de son côté, se réveille en pleine nuit, transie de froid dans son sac de couchage qui ne supporte pas les températures négatives, ce qui donnera lieu à un échange de duvets…
2ème jour du trek, nous sommes lundi, les guides nous réveillent à 6h00 alors qu’on n’a presque pas dormi et que c’est la journée la plus difficile qui nous attend, avec 8 à 10 heures de marche et franchissement du col d’Abra Salkantay à 4600 mètres ! Il fait froid… tout est trempé… Jéjé ne cesse de répéter qu’il ne s’attendait pas à de telles conditions, et regrette d’avoir entraînée Cathy (pourtant consentante) dans cette aventure… Heureusement, dès que nous commençons à marcher, le soleil brille, le glacier Salkantay et sa neige éternelle nous subjugue et nous a attire irrésistiblement, non sans peine car ça monte dur, et qu’à cette altitude notre souffle est très court !!!
On est juste ébahis (voire dégoûtés) quand notre équipe de porteurs nous double presque en courant en suivant les mules qui portent tentes, sacs et victuailles… Enfin, on se rassure en se disant qu’ils ont l’habitude ! Nous ne cessons d’admirer le paysage qui est tout simplement magnifique !
Après quelques heures de marche, nous franchissons enfin les 4600 mètres (second record d’altitude pour Cathy en moins d’une semaine après le Cañon de Colca), tout au pied du glacier !
Le reste de l’après-midi sera essentiellement de la descente… de nouveau sous la pluie et la grêle, dans des paysages moitié montagne, moitié jungle, de petites rivières se mêlent entre elles pour former l’affluent du fleuve Urubamba.
Cathy décide alors de doubler tout le monde et de foncer dans les descentes, n’écoutant pas Jérôme qui lui conseille de ralentir et faire des pauses (mais, quand on est bretonne, on est un peu têtue !), malgré quelques petites douleurs aux pieds ! Après 8 heures de marche, arrivée au 2ème campement situé à 2900 mètres, dans un cadre bucolique de montagnes, où les poules, chats, cochons se mêlent aux tentes… En plus, il fait de nouveau beau, les températures sont plus clémentes, le ciel étoilé est magnifique ! Soirée très sympa avec le groupe, on va se coucher avec les poules (sens propre comme figuré). En enlevant ses chaussures, stupeur, Cathy a deux énormes ampoules toutes gonflées de la taille d’une pièce de deux euros chacune (on n’a jamais vu ça !)… Ce qu’on, c’est que dans la même journée nous aurons vu divers paysages extrêmement variés, et vécu les quatre saisons !
3ème jour, la petite troupe continue la marche dans un cadre magnifique et très changeant. Le soleil brille ça fait du bien, le groupe s’entend bien, l’estomac de Jéjé va beaucoup mieux, c’est cool ! Au début on se croirait dans les Alpes Suisses !
Ensuite nous rentrons dans une zone tropicale où poussent une variété de cultures comme café, bananes, fruits de la passion, et nous admirons des orchidées sauvages. Nous arrivons à notre camp de base situé cette fois-ci non pas en pleine montagne sauvage mais dans un village des Andes, Santa Teresa). Et là, grosse déception, le camp est glauque, c’est à moitié un terrain vague, ça n’a aucun charme, c’est plein de moustiques… D’ailleurs, s’agit-il de moustiques, car ça ressemble à des petites mouches, mais en tout cas, ça pique (ou plutôt ça suce le sang) !!! Sans doute une des nombreuses espèces exclusives au Pérou, inconnues sous nos latitudes (il faut savoir que l’écosystème du Pérou recense pas moins de 1800 espèces de la faune et flore propres au pays). Heureusement, c’est censé être un après-midi de réconfort car il est prévu que nous allions nous prélasser dans les sources d’eaux chaudes thermales qui se trouvent à quelques kilomètres en contrebas de Santa Teresa. Là, c’est la crise. En effet, nous sommes plusieurs à refuser de payer le bus qui doit nous emmener aux sources, car on trouve le coût excessif, et surtout nous n’étions pas au courant ! C’est là que commencent les tensions avec le guide principal, qui semble visiblement contrarié que nous n’ayons pas marché dans ses petites combines (enfin, ce sont nos suppositions…). Malgré la fatigue, les ampoules, nous sommes plusieurs à bouder le bus et nous nous mettons en marche sous le cagnard, attaqués par des centaines de moustiques. Arrivés aux sources d’eaux chaudes, c’est le bonheur, la délivrance ! Des immenses piscines d’eau chaude fumante (~38° ?), entourées de montagnes… Nous nous délasserons de cette eau bienveillante qui pendant deux heures soulagera tous nos petits maux accumulés pendant la marche des jours précédents… Ces bains ont été aussi l’occasion pour nous de nous laver pour la première fois depuis trois jours (autrement qu’avec des lingettes), forcément, nous n’avions pas le confort de douches ! Génial !
Le soir, dîner dans notre campement toujours aussi glauque, on a l’impression que le guide fait la tête, ça tombe bien, nous aussi. Heureusement, le 2ème guide est super gentil et attentionné…
4ème jour, mercredi, le Machu Picchu approche ! Marche sans grand intérêt, en plein cagnard le long d’une piste, moustiques assassins… rien à voir avec les trois jours précédents. De plus, Cathy, ne cesse de boiter, ses ampoules gonflées comme des billes la faisant beaucoup souffrir (les douleurs musculaires ne sont rien à côté).
Arrivée à la station hydroélectrique, il reste encore 3 heures de marche le long de la voie ferrée jusqu’à Aguas Calientes, le village au pied du Machu Picchu, or certains ont décidé de prendre des billets de train à Santa Teresa (le billet est inclus dans le forfait de certains car nous avons réservé auprès d’agences différentes et qui se sont rassemblées). Là, inutile de s’entêter, on aurait dû acheter des billets de train, on ne peut pas les acheter à la gare (vous avez déjà vu ça des gares où on ne peut pas acheter de billets ? Et bien au Pérou, ça existe !). Or notre ami guide qui lui a fait le trajet du matin en bus (et oui) ne fait rien pour arranger la chose alors qu’il y a des solutions pour acheter un billet. Ce n’est pas grave, on repart le long de la voie ferrée, et Jéjé est fier de sa petite femme qui souffre presque (si si, c’est vrai!) en silence. Les guides se sont relayés pour nous accompagner le matin/l’après-midi, et notre grand ami qu’on surnomme entre nous « Okaye Chicos, vamos » largue complètement le groupe, et marche 2 km devant nous sans nous attendre à aucun moment. Heureusement qu’on ne s’est pas fait percuter par un train, il aurait été mal ! Enfin, arrivée dans le village d’Aguas Calientes en fin d’après-midi, et nous rejoignons notre hôtel. Après 3 nuits de campings sommaires, nous apprécions de dormir en dur, même dans cet hôtel aussi basique qu’il soit.
5ème jour, départ de l’hôtel à 4h10 (au lieu de 4h00 car notre ami guide est sans doute involontairement en retard), pour le Machu Picchu (l’essentiel des touristes le faisant en bus) avec deux objectifs :
- être parmi les 400 premiers inscrits qui auront le droit de monter le Wayna Picchu, « la Montagne Jeune » qui surplombe le Machu Picchu (« la Montagne Vieille »), parce-que franchement on trouve qu’on n’a pas assez grimpé :-)
- découvrir le Macchu Picchu au lever du soleil. Raté, il pleut des cordes encore ce matin, et on arrive trempés et gelés de cette marche si matinale, épuisante qui plus est, et nous ne verrons pas le soleil se lever car c’est plein de gros nuages ! Dommage, heureusement notre 1er objectif est atteint, et nous faisons partie de ceux autorisés à accéder au Wayna Picchu.
Heureusement également, le soleil s’est souvenu de nos efforts pour arriver jusqu’ici, et décide finalement de se montrer progressivement. Les nuages se dissipant, le Machu Micchu de dévoile à nous dans toute sa splendeur !
La découverte progressive du Machu Picchu au fur et à mesure que les nuages se lèvent... instant magique !
Instants magiques que de découvrir cette cité inca perdue, qui elle aussi recèle bien des mystères : s’agissait-elle d’un lieu de culte consacré au soleil, une forteresse pour protéger des invasions des tribus amazoniennes, ou encore de la dernière capitale inca ? Toujours est-il que le site est resté à l’abandon pendant trois siècles, donc complètement ignoré des conquistadores espagnols, jusqu’en 1911 lorsque un archéologue américain ne la découvre, presque par hasard, le lieu étant éloigné, presque inaccessible… Nous avons donc passé une grande partie de la journée à explorer le site, divisé en divers quartiers avec deux grands secteurs : la partie supérieure (mirador, terrasses…), et la partie inférieure (temples, greniers, etc.). Incroyable !
Ils étaient quand même super doués ces incas, car le site a résisté aux divers tremblements de terre ! Nous avons également monté à peu près un millier (on exagère à peine) de marches, et là, les incas ils se sont pas foulés, car autant ils savent faire des murs « au carré », autant leurs marches sont complètement irrégulières et souvent super hautes (pourtant ils étaient petits les Incas !) ! Enfin, quelle récompense au sommet de pouvoir admirer le Machu Picchu de si haut et de cet angle !
Nous avons eu également la chance de célébrer l’anniversaire de Carl, notre compatriote québécois rencontré à Nazca deux semaines auparavant, qui faisait le trek avec sa blonde (en langage caribou) Andrée en même temps que nous, avec une autre agence !
Voilà, après une descente jusqu’à Aguas Calientes (encore à pied, avec Sophie et Christophe), nous sommes repartis vers Cuzco, en train et bus cette fois-ci…
Bilan de ces cinq jours, malgré le chaud, le froid, la pluie, la fatigue, les courbatures, les pieds en gruyère (pas moins de sept ampoules aux pieds pour Cathy), les piqûres de moustiques (après comptage, une centaine de piqûres… par jambe pour Jéjé, moitié moins pour Cathy, forcément il y a moins de surface !), le guide finalement pas si sympa qu’il n’y paraissait, nous avons passé d’excellents moments pendant ce trek Salkantay, nos avons vu des paysages magnifiques, partagé de très bons moments avec des gens super sympas, nous avons super bien mangé, et nous avons vu le Machu Picchu !!! Nous ne regrettons vraiment pas…
Finalement, afin de garder notre dynamique de voyage, et parce qu’on estime qu’on s’est peut-être un peu trop attardés à Cuzco, après être arrivés à 22h00, nous avons repris nos bonnes habitudes de bus matinaux, destination Puno à 8h00 dès vendredi matin… Puno, ça ne vous dit pas forcément grand-chose, mais le Lac Titicaca sans doute ! Ce nom nous a tous fait bien rire étant enfants ! Route une nouvelle fois superbe sur l’altiplano, et nous arrivons à Puno en début d’après-midi, côté péruvien du Lac Titicaca. Recherche d’hôtel, et de nouveau orage avec éclairs et trombes d’eau (la saison des pluies va commencer prochainement).
Samedi après-midi, nous nous rendons au site de Sillustani, situé à moins de 40 km de Puno.
Notre guide nous explique qu’il s’agit d’un cimetière pré-inca et inca, construit à l’origine par la civilisation Colla qui dominait l’altiplano (1200 à 1440 après J.-C.), conquis ensuite après par les incas, et qui était réservé aux personnes importantes, situé au sommet d’une colline bordée d’une lagune. Les tombes, appelées « chullpas » prenaient la forme de tours pouvant aller jusqu’à douze mètres de haut, dans lesquelles les corps momifiés (jusqu’à dix d’une même famille) étaient disposés dans la position fœtale. Elles disposent également d’une ouverture à l’est, vers le soleil levant. Les chullpas sont donc construites pour souligner le lien entre vie et mort, et permettre la réincarnation. Certaines chullpas sont même gravées d’animaux comme le lézard ou le serpent, animaux sacrés. La plupart des tombes ont été pillées. Nous avons vraiment apprécié le cadre naturel qui est magnifique et reposant.
De retour à Puno, nous retrouvons Sophie et Christophe, nos deux compatriotes parisiens globetrotteurs avec qui nous avions fait le trek pour dîner, et partons ensemble dimanche matin en bateau sur le Lac Titicaca. Nous nous arrêtons d’abord aux Iles Uros, qui sont en fait des îles artificielles construites sur une épaisse couche compacte de roseaux flottants, la partie immergée étant formée de racines entremêlées.
Sur ces îles qui sont au nombre de 51 aujourd’hui (cela peut changer : en cas de conflit ils peuvent couper l’île en deux avec une simple scie !), vie une communauté indienne, qui vit essentiellement de la pêche, et bien entendu du tourisme (ils proposent leur artisanat aux nombreux touristes qui débarquent sur leurs micro-îles). Malgré l’aspect touristique, c’est super intéressant de voir comment les Uros vivent (il y a même des poules sur les îles flottantes !), et nous sommes accueillis chaleureusement par les femmes (les hommes travaillent souvent à Puno dans la journée).
Tout est fabriqué en roseau sur les îles Uros : les maisonnettes, les meubles, les miradors, les bateaux, etc. C’est super adorable, tout est miniature. Cela donne une drôle d’impression de marcher sur ces îles, car c’est mou sous les pieds !
Nous réembarquons sur notre bateau, destination l’Ile de Taquile, à environ 2h30 des Iles Uros, situé à 3950 mètres d’altitude. Aucune voiture sur cette petite île qui compte 6 hameaux. De par la végétation, on se croirait sur une île grecque, avec les moutons dans des petits champs bordés de murs en pierre, et le Lac Titicaca ressemble ici vraiment à la Méditerranée. Vraiment, on n’a pas du tout l’impression d’être au Pérou ! Les habitants de cette île portent des magnifiques tenues, que nous pouvons admirer à loisir car nous assistons à la séance du conseil du village qui se tient chaque dimanche sur la place du village.
On reconnait les femmes mariées à la couleur de leur tenue et à la taille de leurs pompons. Ici, ce sont les hommes qui tricotent, pendant que les femmes tissent !
Pendant les 2h45 (notre bateau est plus que lent, on se demande si nous n’irions pas plus vite à la nage) qui nous ramènent à Puno, nous pouvons constater à quel point le Lac Titicaca est immense ! Il mesure en effet 175 km de long, et couvre 8340 km² ! C’est le plus haut lac navigable du monde, situé à 3812 mètres d’altitude, et il est bordé de magnifiques montagnes pelées.
Les deux filles se plaignent depuis deux jours des mêmes démangeaisons insupportables liées aux piqûres de moustiques, qui forment des petites boules sous la peau. Décidemment le trek nous aura laissé des souvenirs (on nous a assuré qu’il n’y avait pas de paludisme à cette altitude) ! (Les mêmes démangeaisons continuent d’ailleurs après quatre jours, Cathy n’en peut plus ! Ch & Ch, vous voudrez bien nous ramener un tube d’Apaisyl en Australie, car la pommade locale ne semble pas assez efficace, merci par avance ?!). De retour à Puno, de nouveau dîner avec Sophie et Christophe, et Jé qui est passé maître dans l’art du marchandage, arrive à nous négocier le menu (entrée/plat/dessert/boisson) pour 15 soles au lieu de 18, soit moins de 4 €… D’ailleurs, Jéjé qui continue de s’épanouir pendant ce voyage, répète qu’il « se sent bien et que c’est trop cool d’être là» !
Nous réalisons avec un peu d’amertume qu’il s’agissait de notre dernière journée au Pérou, après trois semaines intenses et enrichissantes, car nous partons le lendemain pour la Bolivie, avec comme première étape La Paz, la plus haute capitale du monde !
Lundi matin, au Terminal Terrestre, nous apprenons que suite à une grève qui paralyse le trafic (apparemment cela se passe assez régulièrement dans le coin), nous devrons changer de route pour nous rendre à la Paz (plus courte, mais moins jolie, car nous devions admirer la Cordillère Royale). Nous devions en effet passer deux heures à Copacabana, la ville touristique sur la rive bolivienne du lac Titicaca pour y changer de bus. La compagnie de bus nous organise donc un transfert en minibus qui nous emmènera à l’autre poste de frontière où nous attendra un autre bus qui nous conduira à la Paz. Ce sont les aléas du voyage, et Cathy ne se sent pas super rassurée dans les véhicules affrétés en urgence pour nous (en plus il pleut !). De toute façon, nous n’avions pas le choix sinon nous risquions de ne pas pouvoir repartir de Copacabana. Nous arrivons au poste frontière, et à peine débarqués du minibus, une dizaine de jeunes se jettent sur nous pour nous proposer de nous aider à faire les démarches de passage de douane. On est peut être pas encore des vieux routards du voyage, mais on n’est pas assez naïfs pour leur confier nos passeports comme certains nous les réclament ! L’endroit est glauque et sale, et nous nous rendons dans les bureaux sombres de la douane bolivienne où des douaniers peu avenants nous tamponnent tout de même nos passeports ! (sans même à avoir eu à payer de bakchich au douanier pour obtenir le tampon saint Graal). C’est bon, nous voilà la Bolivie !!!
septembre 30th, 2009 on 11 h 42 min
Bravo les touritz pour cette ascension ! Suis très très fière de toi ma Ktou !! Par contre pour le 6000 mètres jéjé a raison c’est peut être un poil prématuré ;)
Bonne fête à jéjé et bonnes aventures Boliviennes !
Muchos besos
septembre 30th, 2009 on 14 h 23 min
Salut Catherine,
Chose promise chose due, les Outlooks battent leur plein et je ne voulait pas manquer l’occasion de te le rappeler ;-) Evidement tu te doutes que je suis vert de jalousie / nostalgie en regardant vos photos. Ca a l’air top votre tour. Si je comprends bien la prochaine étape c’est la Bolivie ! Dommage pour Copacabana, c’est vraiment superbe et l’Isla del Sol l’est plus encore.
Sorry encore pour avoir loupé ton pot.
Bonne chance pour la suite
septembre 30th, 2009 on 14 h 41 min
Bonne fête à mon Bonhomme
Je suis avec attention et intérêt votre périple
Bisous
Marie
septembre 30th, 2009 on 16 h 44 min
Félicitations pour cet exploit. Nous admirons votre courage. Le blog est toujours aussi passionnant.
Bonne Fête à Jérôme et Bon Anniversaire de mariage à vous deux
Bien noté, l’Apaisyl fera partie de nos bagages. Mais en attendant si vous pouvez trouver du bicarbonate de soude en boite en pharmacie ou simplement sous forme de sachets de levure pour les gâteaux : une cuillerée diluée dans très peu d’eau et tartinée sur les lésions. Ca peut calmer…. Mais vu l’ampleur des dégâts, il faudra beaucoup de sachets…
octobre 1st, 2009 on 15 h 48 min
Hola Cathy y Gégé !
Merci pour les photos et surtout pour ces commentaires détaillés et humoristiques de votre expédition, on s’y croirait presque avec vous ! Bravo aussi pour votre endurance et votre capacité à surmonter les épreuves diverses. Vous avez la chance de vivre une aventure inoubliable ! J’attends la suite (Bolivie) avec impatience Gros gros bisous JL (papa)
octobre 1st, 2009 on 22 h 50 min
Génial, on a l’impression d’y être et je trouve que vous êtes vraiment doués pour faire partager tout ce que vous avez appris pendant vos visites touristiques … Je vous tire vraiment mon chapeau pour ce trek, vous m’avez vraiment épaté, comme quoi, avec un peu de motivation (et plus le choix :)) on y arrive. Gros bisous a tous les 2
Djidjia
octobre 2nd, 2009 on 14 h 11 min
Coucou à tous les deux,
Premier commentaire que nous mettons sur votre blog mais ce n’est pas la première fois que nous allons y jeter un coup d’oeil pour lire avec un plaisir non dissimulé le récit de vos aventures!
C’est magique : belle prose détaillée, jolies photos! Tout y est pour nous faire rêver. On s’y croit nous aussi, le temps de ces « quelques » lignes.
Bravo à Cathy pour son courage et sa détermination lors du trek!
Bises à tous les deux et bonnes promenades en Bolivie.
Béné et Seb
octobre 5th, 2009 on 22 h 26 min
Epoussstoufflant !!!
Nous vous félicitons de ces magnifiques et enrichissants commentaires. Nous avons pris du plaisir à vous lire, c’est très fin et très drôle à la fois. Continuez, vous êtes dans une forme incroyable, ça fait plaisir! Des ampoules, des piqûres… c’est minime vis à vis de ce que vous vivez… On vous inscrit pour le prochain Kolhonta ???Chapeau à vous deux, soignez-vous car ça doit faire mal. Je vous envie, quel bonheur et chance d’être parti.
Un copain d’Axel (Tuan 11 ans et sa soeur Loan 6 ans)de Pérols vient de partir 1 an avec ses parents,famille franco-vietnamienne, faire l’Asie du sud-est. Si vous avez l’occasion : lotusfamily.top-depart.com
Gros bisous ensoleillés du sud.
Bon anniversaire de mariage (oups ! avec du retard)
Coco and Co
octobre 18th, 2009 on 4 h 28 min
Félicitations! J’ai beaucoup de plaisir à vous lire!
octobre 18th, 2009 on 11 h 16 min
J’ai grand plaisir à vous suivre et surtout à essayer de convaincre ma femme de faire la meme chose !!! depuis 6 mois je lui prends la tete avec cette idée.
Bisous les loulous
octobre 19th, 2009 on 14 h 50 min
Salut les touritz!
On se demandait précisément ce midi avec Gilles quelles étaient les nouvelles de nos baroudeurs trotters!
Merci pour cette mise à jour et pour l’originalité des photos du Salar! Vous avez largement dépassé les grands classiques et les clichés sont excellent!
Vous avez l’air de bien vous amuser, malgré les galères ponctuelles qui sont là unqiuement pour glorifier les bons moments!
On attend la suite!!!!
François
Si tu peux rester calme, alors que sur ta route un chacun perd la tête et met le blame en toi,
Si tu garde confiance alors que chacun doute, mais sans leur en vouloir de leur manque de foi
Si l’attente pour toi ne cause trop grand peine, si entendant mentir, toi même tu ne ment,
ou si étant hai tu ignores la haine, sans avoir l’air trop bon, ni parler trop sagement …
octobre 27th, 2009 on 10 h 48 min
Hello les Ritz!
Des photos au top, des vues extraordinaires, bref que du bonheur! Bon courage pour la suite et à bientôt!
Marjo et Damouch
octobre 30th, 2009 on 2 h 00 min
elles sont énormes vos photos dans le désert!
Je vous embrasse
Laurence
octobre 30th, 2009 on 22 h 19 min
Coucou à tousles deux,
on est de tout coeur avec vous et espérons que votre aventure se poursuit comme vous le souhaitez. Pour vous donner du courage, voici deux citations à méditer lorsque vous vous sentez quelque peu fatigués ou bien que Cathy trouve le matelas un peu inconfortable durant les nuits fraîches :
« Le vrai domicile de l’homme n’est pas une maison mais la route, et la vie elle-même est un voyage à faire à pied ». Bruce Chatwin.
« Ceux qui aperçoivent la lumière avant les autres sont condamnés à la poursuivre en dépit des autres ». Christophe Colomb
On vous embrasse bien fort. Bonne méditation
Bises
Rania, Yannick et les filles !
novembre 3rd, 2009 on 13 h 08 min
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Looks fantastic. Do you think you will come back ?
Here(London)its rainy, windy, getting colder .
All the Best,
Gareth et Isabelle
novembre 4th, 2009 on 15 h 16 min
Un p’tit coucou de retour d’un tour de … Méditerranée à notre façon… en croisière !!! Espagne, Gibraltar, Maroc, Italie sous un soleil radieux et température à 30°. Les enfants ont apprécié sauf qu’ils n’habiteront jamais au Maroc. Voir comment vivent les habitants d’un autre pays est très enrichissants et nous imaginons la chance que vous avez tous les jours à découvrir ces richesses.
« L’herbe n’est pas creuse et pourtant un homme peut s’y cacher » (basonge: Congo)
Bisous, Coco